Ce week-end, le cirque roulant du WorldSBK pose ses valises sur le circuit de l’Algarve, à Portimão, pour le deuxième round de la saison 2025. Un tracé de 4,592 km qui tourne dans le sens horaire, avec 15 virages – 9 à droite, 6 à gauche – et une ligne droite de 970 mètres où les pilotes peuvent enfin lâcher les équidés sans trop réfléchir. Sorti de terre en 2008, ce toboggan lusitanien est un mélange de montées brutales, de descentes vertigineuses et de hurlements – ceux des moteurs, et parfois des pilotes quand ils finissent dans le gravier. Le record du tour ? Un 1’39,035 signé Bautista en 2023. La vitesse max ? Un monstrueux 322,5 km/h par Razgatlioglu l’an dernier, histoire de rappeler que la BMW peut faire autre chose que rouler pépère sur l’autoroute. Accrochez-vous, ça va secouer.
Razgatlioglu ou Bulega : qui va dompter la bête ?

Alors, qui va briller sur ce manège portugais ? Toprak Razgatlioglu, alias “El Turco”, revient avec des envies de revanche après une ouverture en Australie aussi molle qu’un pneu crevé (20 points, merci du cadeau). Mais un test récent à Portimão a redonné des couleurs à sa BMW : rythme de course solide, chrono d’un tour qui claque. Le champion en titre, qui avait raflé un triplé ici l’an passé, semble prêt à rappeler pourquoi il est plus qu’un simple showman à wheeling. Face à lui, Nicolo Bulega, le petit prodige de Ducati, arrive en leader du championnat après avoir tout écrasé Down Under. Mais attention, une gamelle au test portugais a un peu terni son aura de gendre idéal. Son coéquipier Bautista, lui, jubile sur sa Panigale V4 R et compte bien ajouter une sixième victoire à son palmarès local – seul Razgatlioglu (6) et l’absent Jonathan Rea (13) font mieux. Rea, justement, regarde ça depuis son canapé, la cheville en vrac, remplacé par Jason O’Halloran. Bon courage à l’Australien pour ne pas se faire éjecter du train.
Une bagarre de podiums à faire trembler les gradins

Et derrière les cadors, ça va jouer des coudes. Les Ducati sont partout, comme des moustiques tigre affamés de Chikungunya. Danilo Petrucci (Barni Spark) a déjà goûté au podium ici l’an dernier, Andrea Iannone (GoEleven) a frôlé la boîte en Race 2, et Scott Redding (MGM BONOVO), avec quatre deuxièmes places en six courses sur Ducati à Portimão, pourrait bien sortir de sa torpeur. Chez Yamaha, Andrea Locatelli et Remy Gardner ont montré du rythme au test, mais le premier a une fâcheuse tendance à disparaître du top 10 ici, tandis que le second rêve d’un podium pour faire taire les sceptiques. Dominique Aegerter, lui, veut prolonger sa série de top 10, et Michael van der Mark (BMW) espère retrouver la magie de sa victoire passée. Côté Bimota-Kawasaki, Alex Lowes fanfaronne (“je n’ai jamais été aussi bien”), pendant qu’Axel Bassani râle en silence – un duo qui résume bien l’ambiance chez les verts après un Australie cauchemardesque. Garrett Gerloff, lui, prie pour que l’Europe soit son salut.
Honda et les rookies : l’espoir fait vivre

Honda, parlons-en. Après une Australie aussi enthousiasmante qu’un lundi pluvieux, les rouges misent sur Portimão pour lancer leur saison. Xavi Vierge a brillé au test (4e le premier jour), mais Iker Lecuona, blessé, joue sa participation sur un check médical demain jeudi – suspense insoutenable. Les rookies, eux, veulent continuer à faire des étincelles. Yari Montella (Barni Spark), double vainqueur en WorldSSP ici l’an dernier, rêve de podiums. Ryan Vickers (Motocorsa) vise le top 10, Sam Lowes (Marc VDS) veut surfer sur son bon début de saison, et Tito Rabat (Motoxracing) ainsi que Bahattin Sofuoglu espèrent ne pas juste faire de la figuration. Quant à PETRONAS MIE Honda, Tarran Mackenzie et Zaqhwan Zaidi risquent de galérer encore, malgré un test enfin décent pour le Malaisien.
Les chiffres qui font mal
Portimão, c’est aussi une histoire de stats. Rea détient 13 victoires et 25 podiums en 38 courses – une domination écœurante stoppée par sa blessure. Razgatlioglu, avec 57 victoires en carrière, n’est qu’à deux longueurs de Carl Fogarty (3e all-time). Bulega, sur une série de 11 podiums, pourrait rejoindre Fogarty dans un autre classement s’il tient trois courses de plus. Ducati truste les cinq premières places du championnat, une première depuis 2004, et les 28 victoires sur 38 ici depuis la pole rappellent que partir devant, c’est la moitié du boulot. Ajoutez 12 vainqueurs différents, 15 succès britanniques (merci Rea), et une série de 8 victoires consécutives pour Kawasaki (2015-2019), et vous avez un circuit qui ne pardonne pas les faibles.
Verdict : un week-end à hurler
Portimão, c’est le grand huit du WorldSBK : des montées d’adrénaline, des descentes brutales et des surprises qui vous laissent la gorge sèche. Razgatlioglu va-t-il reprendre son trône ? Bulega confirmer son statut ? Ou Bautista jouer les vieux briscards ? Une chose est sûre : entre les chutes, les dépassements kamikazes et les ego surdimensionnés, on ne va pas s’ennuyer.
| Intitulé | Durée | Local | Europe | Réunion | Vietnam |
| Vendredi 28 Mars | |||||
| FP1 | 45′ | 10h35 | 11h35 | 14h35 | 17h35 |
| FP2 | 45′ | 15h00 | 16h00 | 19h00 | 22h00 |
| Samedi 29 Mars | |||||
| FP3 | 20′ | 09h00 | 10h00 | 13h00 | 16h00 |
| Superpole | 15′ | 11h00 | 12h00 | 15h00 | 18h00 |
| Course 1 | 20 tours | 14h00 | 15h00 | 18h00 | 21h00 |
| Dimanche 30 Mars | |||||
| Warmup | 10′ | 09h00 | 10h00 | 12h00 | 15h00 |
| Superpole race | 10 tours | 11h00 | 12h00 | 14h00 | 17h00 |
| Course 2 | 20 tours | 14h00 | 15h00 | 16h00 | 19h00 |