mercredi, septembre 9, 2026

Rovanpera explose le peloton, Hyundaï ridiculisé…

Le Rallye des Canaries, fraîchement promu en WRC après des années à végéter en ERC, a débarqué avec un fracas retentissant. Pour sa première apparition dans la cour des grands, cette épreuve 100 % asphalte, première du genre à tester les pneus Hankook introduits cette saison, a livré un spectacle aussi inattendu qu’un orage en plein désert. Et au centre de cette tempête ? Kalle Rovanperä, le Finlandais volant, qui a sorti l’artillerie lourde pour ridiculiser ses adversaires. Six spéciales, six temps scratch, et une avance au terme de cette première journée qui évoque davantage les écarts d’un Safari Rallye que les duels au dixième de seconde auxquels on s’attendait. Mesdames et messieurs, bienvenue dans le one-man show de Kalle !

Rovanperä, le patron inattendu

On s’attendait à une lutte acharnée, un combat de gladiateurs sur l’asphalte brûlant des Canaries. Résultat ? Rovanperä, pourtant pas réputé pour être un as du tarmac, a mis tout le monde d’accord avec une avance de 26,8 secondes sur son plus proche poursuivant. Vingt-six secondes ! À ce stade, on ne parle plus de rallye, mais d’une leçon magistrale. Et qui est le pauvre hère qui tente de suivre le rythme infernal du double champion ? Nul autre que Sébastien Ogier, l’octuple roi du WRC, vainqueur à Monte-Carlo en ouverture de saison et habitué à danser sur l’asphalte. Mais même le maître français, libéré de toute pression (il ne marque pas de points pour Toyota), doit s’incliner face à la tornade finlandaise. On dirait un épisode de Top Gear où une supercar humilie une berline familiale.

Derrière ce duo, le podium provisoire est complété par Elfyn Evans, l’autre pilote Toyota. Le Gallois, leader du championnat, semble enfin avoir trouvé ses marques après des années à galérer dans les hybrides. Repoussé à 36,4 secondes, il fait le job : un rythme solide, pas de risques inutiles, et des points précieux pour Toyota. Parce que, soyons clairs, avec Ogier en mode freelance et Rovanperä en état de grâce, Evans est le seul à vraiment bosser pour l’équipe. Un top 3 100 % Toyota, ça commence à ressembler à une démonstration de force. Ou à une blague cruelle pour la concurrence.

Hyundai, la grande désillusion

Et la concurrence, parlons-en. Hyundai, ou plutôt le naufrage Hyundai. On attendait Thierry Neuville, champion en titre et roi autoproclamé de l’asphalte, en patron des Canaries. Le Belge s’était même offert une préparation aux petits oignons avec le Rallye Sierra Morena pour peaufiner ses réglages et dompter les pneus Hankook. Résultat ? Une douche froide, un fiasco, une catastrophe. Neuville, le mieux placé des pilotes Hyundai, pointe à plus d’une minute de Rovanperä. Une minute ! Autant dire une éternité dans le monde du rallye. Ott Tänak et Adrien Fourmaux, ses coéquipiers, se tiennent en 1,5 seconde, mais eux aussi végètent dans les bas-fonds du classement. Pas de crevaison à signaler – les routes canariennes ne pardonnent pas les cordes hasardeuses – mais un constat accablant : Hyundai s’est planté. Lamentablement.

Le problème ? Les réglages. Dans le WRC, les pneus sont rois, et les Hankook, nouveaux venus dans la discipline, exigent une précision chirurgicale. Température, pression, châssis réglé au millimètre : tout doit être parfait pour être dans la bonne fenêtre d’utilisation. Hyundai, malgré ses essais préparatoires, a raté la recette. Complètement. Toutefois à l’occasion du Rally Sierra Morena en début de mois (épreuve inscrite ERC avec 200km de chronos), Toyota avait aligné Evans sur cette même épreuve et les deux hommes du WRC jouaient à touche touche…Pendant que Toyota transformait ses Yaris en missiles sol-sol, les i20 de Hyundai semblaient chercher leur chemin dans un brouillard épais. Un top 5 100 % Toyota, c’est plus qu’une domination : c’est une humiliation.

Des reconnaissances chaotiques, mais des écarts qui s’envolent

Ajoutons à ce tableau une organisation qui n’a pas facilité la vie des équipages. Les reconnaissances, effectuées sur des routes ouvertes envahies par la circulation locale, ont transformé la préparation en parcours du combattant. On aurait pu espérer que la deuxième boucle, avec des routes mieux connues et des ajustements au parc d’assistance, réduise les écarts. Que nenni ! Si les deltas se sont légèrement resserrés, Rovanperä a continué de creuser l’écart, comme un coureur de fond qui accélère au moment où les autres s’effondrent. Les ajustements à mi-journée ont permis de grappiller quelques dixièmes, mais rien de suffisant pour inquiéter le leader. À ce rythme, il pourrait rentrer à l’hôtel, siroter une piña colada, et repartir le lendemain sans perdre sa place.

Et maintenant ?

Cette première journée du Rallye des Canaries restera dans les annales comme celle où Rovanperä a décidé de rappeler au monde pourquoi il est double champion. Pendant que Hyundai patauge et que Toyota parade, une question demeure : quelqu’un peut-il arrêter le Finlandais ? Ogier, avec son expérience et sa malice, tentera sans doute un coup d’éclat. Mais pour l’instant, c’est Kalle qui dicte sa loi, et il le fait avec un panache qui frise l’insolence. Hyundai, de son côté, doit se ressaisir, et vite. Parce qu’à ce rythme, ils risquent de passer le reste du week-end à ramasser les miettes. Quant aux spectateurs, ils peuvent se consoler : si le suspense est en berne, le spectacle, lui, est au rendez-vous. Allez, Kalle, continue de nous régaler. Et Hyundai, sortez les calculettes, il est temps de revoir vos devoirs.

PosEquipageVoitureChronos
1. Rovanperä Kalle – Halttunen J.Toyota GR Yaris Rally11h10’31s8
2. Ogier Sébastien – Landais V.Toyota GR Yaris Rally1+26.8
+26.8
3. Evans Elfyn – Martin ScottToyota GR Yaris Rally1+36.4
+9.6
4. Pajari Sami – Salminen MarkoToyota GR Yaris Rally1+55.3
+18.9
5. Katsuta Takamoto – Johnston A.Toyota GR Yaris Rally1+1:06.0
+10.7
6. 
 +2
Neuville Thierry – Wydaeghe M.Hyundai i20 N Rally1+1:13.3
+7.3
7. Tänak Ott – Järveoja MartinHyundai i20 N Rally1+1:14.1
+0.8
8. 
 −2
Fourmaux Adrien – Coria A.Hyundai i20 N Rally1+1:14.8
+0.7
9. Munster Grégoire – Louka LouisFord Puma Rally1+2:11.1
+56.3
10. Rossel Yohan – Dunand ArnaudCitroën C3 Rally2+2:50.7
+39.6
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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