Le soleil de Mexico a illuminé le spectaculaire Autódromo Hermanos Rodríguez pour la deuxième manche de la saison 11 de Formula E. Et si vous pensiez que la musique traditionnelle mexicaine était la star du jour, détrompez-vous : c’est Oliver Rowland, au volant de sa Nissan, qui a volé la vedette avec un solo d’anthologie. Retour sur un GP rythmé par des dépassements audacieux, des Porsche frustrées et des stratégies parfois aussi bancales qu’une piñata mal suspendue.
Les Porsches : un départ en fanfares… puis en sourdine
Pascal Wehrlein avait pourtant donné le ton dès les qualifications. Deux pole positions consécutives, la première à São Paulo et maintenant à Mexico, histoire de montrer que la domination Porsche était là pour durer. Aux côtés de son coéquipier Antonio Félix da Costa, ils formaient un duo en tête de peloton prêt à écraser la concurrence. On les voyait déjà savourer des margaritas sur le podium.
Sauf que… Oliver Rowland avait d’autres projets. Bien qu’il ait gâché son départ (quatrième sur la grille à cause d’une petite erreur, sans doute liée à un excès de tacos la veille), le Britannique a décidé de sortir l’artillerie lourde en fin de course. Mais avant d’y arriver, la course nous a offert son lot de rebondissements.
Rowland : le héros de dernière minute

Oliver Rowland, alias “Le Yorkshireman”, a joué un scénario à la Rocky Balboa : patient au début, explosif à la fin. À quelques tours de l’arrivée, alors que tout semblait se jouer entre da Costa, Wehrlein et Jake Dennis, Rowland a activé son ATTACK MODE. Boosté par ses 50 kW supplémentaires, il a d’abord patiemment attendu que la Safety Car quitte la piste avant de passer à l’offensive. Et quelle offensive !
• Premier acte : un dépassement chirurgical sur Dennis au premier virage.
• Deuxième acte : un freinage tardif magistral pour laisser Wehrlein sur place dans la chicane.
• Finale épique : un move audacieux dans le Foro Sol pour subtiliser la tête de course à da Costa.
En moins d’un tour, Rowland est passé de quatrième à premier. Du grand art, comme une envolée de mariachi dans une taverne bondée. La foule mexicaine en redemandait, et on ne les blâme pas.
Antonio Félix da Costa et Pascal Wehrlein : victimes de leur propre grandeur

Les deux pilotes Porsche avaient pourtant l’énergie nécessaire pour reprendre Rowland dans les derniers tours. Mais entre les consignes d’équipe et une certaine prudence (ou peut-être un excès de contemplation de la beauté du circuit), ils n’ont jamais pu concrétiser. Wehrlein, habitué à dominer, a dû se contenter d’une troisième place derrière son coéquipier da Costa, qui repart néanmoins avec la tête du championnat.
Jake Dennis : des hauts et des bas

Le champion de la saison 9, Jake Dennis, a brillé par intermittence. Leader pendant une bonne partie de la course après les premiers activations d’ATTACK MODE, il a finalement rétrogradé au pied du podium. Une performance frustrante pour le pilote Andretti, qui attend toujours son heure de gloire depuis Misano l’an dernier. Peut-être qu’il devrait envisager un changement de playlist dans son casque ; un peu de reggaeton pour se motiver ?
Les autres : ombres et lumières

Les pilotes DS PENSKE, Jean-Éric Vergne et Maximilian Günther, ont essayé de reproduire la stratégie tardive de Rowland avec leur propre ATTACK MODE. Spoiler : ça n’a pas fonctionné. Deux interventions de la Safety Car ont réduit leurs chances à néant, les laissant respectivement cinquième et sixième. Quant à Stoffel Vandoorne (Maserati MSG Racing) et Nyck de Vries (Mahindra Racing), ils ont grapillé des points sans vraiment briller. Nico Mueller (Andretti) et Taylor Barnard (NEOM McLaren) complètent le top 10, histoire de ne pas rentrer bredouilles.
Classements et perspectives
Grâce à cette victoire épique, Rowland grimpe à la deuxième place du championnat avec 25 points, tandis que da Costa conserve la tête avec 37 unités. Porsche reste en tête du classement des constructeurs, mais Nissan leur souffle désormais dans le cou. Attention, la domination allemande pourrait bien vaciller si Rowland continue sur cette lancée.
Et maintenant ? direction l’Arabie Saoudite
Le championnat Formula E s’apprête à poser ses valises à Jeddah pour un double-header nocturne les 14 et 15 février. Si les courses sous les projecteurs du circuit de la Corniche sont aussi palpitantes que ce GP de Mexico, on est prêts à parier que Rowland pourrait à nouveau voler la vedette aux Porsche. Et qui sait, peut-être que Jake Dennis trouvera enfin le rythme pour jouer les trouble-fêtes.
En attendant, le GP de Mexico restera dans les mémoires comme le théâtre d’une masterclass signée Rowland. Une leçon pour ses rivaux : dans Formula E, il ne suffit pas d’avoir une voiture rapide. Il faut aussi savoir jouer des coudes et des pédales… avec panache.