Le Rallye de Saint Joseph 2024 (RSJ24), est un moment magique au calendrier où des machines de guerre toutes plus impressionnantes les unes que les autres se battent pour la suprématie… Ou, plus exactement, où des pilotes hauts en couleur, des voitures capricieuses et des histoires de familles se mêlent dans une mélodie orchestrée par l’odeur de l’essence et les pneus qui crissent. On pourrait parler des grosses cylindrées, mais ce serait manquer de respect à ceux qui, sous leur capot plus modeste, viennent tout de même semer la pagaille à coup de virages à la corde au prix de de carrosseries parfois malmenées. Les vraies stars du RSJ24 ? Les petites classes ! Et croyez-le ou non, ça va être explosif.
Classe 13 : la guerre des anciens, des jeunes, et des fiabilités douteuses

Parlons tout d’abord de la Classe 13. Ah, la mythique Classe 13 du groupe F2000 celle des moins d’un litre 6 de cylindrée accrochant allègrement plus de 230 bourrins pour les meilleures, là où la puissance brute est remplacée par des pilotes aussi rugueux que leurs montures. Ici, point de Chauvineau père et fils cette année, mais qu’on se rassure, l’absence de ces messieurs ne signifie pas que l’on va s’ennuyer. Ils sont tout de même 13 engagés ! D’ailleurs, 13, c’est presque un signe. Un chiffre porte-bonheur, enfin si vous croyez en ce genre de choses. Vous voulez des noms ? Vous avez des noms. Olivier Babef, ancien champion de F2000, revient poser ses valises avec l’envie de faire parler de lui – ou plutôt de ses amortisseurs. En face, des jeunes aux dents tellement longues qu’on en arrive à se demander s’ils ne vont pas finir par creuser la route au passage.
Mais la véritable attraction de la Classe 13 ne se trouve pas là, non. Il se nomme Rudy “le bavard” Soubadou. L’homme est plus réputé pour son verbe haut que pour ses silences respectueux. Par contre, ce qu’on attend vraiment de lui, c’est sa voiture, qu’il a enfin réussi à fiabiliser après avoir probablement vendu un rein et hypothéqué son garage pour y arriver. La voilà enfin prête, nous dit-on, mais reste à savoir si elle tiendra plus de deux spéciales. Quoi qu’il en soit, cette classe-là promet du spectacle. Les définitions techniques des voitures sont tellement différentes qu’il faudra prévoir un bouquin de règles (Annexwe J) pour comprendre ce qui se passe sous les capots. Mais une chose est certaine : le spectacle sera au rendez-vous, entre champions chevronnés, jeunes loups affamés, et bolides qui n’ont pas encore décidé s’ils allaient être fiables ou pas. Classe 13, tu vaux ton pesant de cacahuètes.
Classe R3/R3T : frères ennemis et luttes intestines

Attention, place maintenant à la Classe R3/R3T, le lieu où les chevaux ne suffisent pas à vous maintenir en course, mais où la ruse et la technique font la différence. Vous me direz : “Mais attends, R3, c’est quoi, déjà ?”. Bonne question ! Il s’agit des versions atmosphériques (les “pures” R3, pour les puristes) et turbocompressées (les R3T, pour ceux qui aiment un coup de boost), des engins faits pour faire grincer les pneus (et les concurrents), pas pour griller les radars. Ils sont 7 à s’aligner ici, dont certains sortent tout juste de la Finale de Coupe de France à Nice, gonflés à bloc, comme le duo #41 Dijoux/Payet, qui semble prêt à tout pour bousculer la hiérarchie. Et si Beurard et Cazanove sont là pour affirmer leur domination notamment à Saint Joseph, à bord de leur DS3 #42, ils ne sont pas les seuls à vouloir jouer aux patrons.
Un des duels à suivre ici, c’est celui des frères Bruni. On parle d’une bataille fratricide, littéralement. D’un côté, vous avez Anthony, alias “Nanou”, qui va piloter sa #43 Clio R3 avec l’élégance d’un chef d’orchestre à son troisième expresso. De l’autre, son frère Romain, en tant que copilote d’un certain Romain Lebon, lui aussi à bord d’une #47 Clio R3T. Chassez un Bruni, et deux autres apparaissent ! L’intrigue est posée : qui des deux frères parviendra à briller le plus ? Je ne ferai pas de pronostic ici…afin de ne pas décourager Romain mais j’ai ma petite idée…Si vous aimez les luttes intestines familiales à la sauce automobile, cette catégorie est faite pour vous. Ah, et ne sous-estimez pas la capacité de ces petits bolides à se glisser dans le top 10 – ils ont beau ne pas avoir la puissance des plus grosses cylindrées, leur agilité en fait de véritables poisons sur les routes sinueuses.
Classe Rally4 : la révolte des lionnes contre les losanges

Enfin, nous ne pouvons pas oublier de mentionner la Classe Rally4, véritable théâtre d’une autre bataille acharnée : celle des Peugeot contre Renault. Cinq lionnes d’un côté, quatre losanges de l’autre. Ça ne vous rappelle pas un vieux duel entre les deux marques françaises ? Sauf que là, pas question de publicités sur la fiabilité ou de performances mesurées en consommation de carburant. Non, ici, ça se règle à coups de freinages tardifs et d’accélérations sauvages. Le roi de cette classe, c’est Jonathan Laup, déjà assuré de son titre dans la formule de promotion Peugeot Sport Réunion. Ce qui signifie qu’il peut lâcher les chevaux sans la moindre pression. Rien de tel pour pimenter la course. Ça devrait jouer devant…
Les huit autres engagés ? Ils sont là pour une seule chose : montrer à Laup qu’il n’est pas intouchable. Et quoi de mieux qu’une bonne vieille baston entre marques pour y arriver ? Le duel Peugeot vs Renault va être d’une intensité telle qu’il vous faudra un extincteur pour calmer les ardeurs des fans les plus expressifs. Entre les lionnes prêtes à rugir et les losanges affûtés comme des couteaux suisses, cette bataille risque d’être épique.
Conclusion : des petites classes, mais un grand spectacle

Voilà, vous l’aurez compris, ces petites classes que l’on pourrait facilement négliger dans l’ombre des grosses cylindrées vont offrir bien plus qu’un simple “spectacle secondaire”. Ce sont elles qui vont donner toute la saveur à ce RSJ24, avec des luttes fratricides, des batailles techniques, et un suspense aussi intense que les derniers tours d’un Grand Prix de F1 entre Norris et Verstappen. Alors oui, certains diront que ce ne sont que des petites classes, mais il serait grand temps de leur donner toute l’attention qu’elles méritent. Et puis, quand on sait que tout peut arriver – entre fiabilité mécanique douteuse et talents émergents – on ne risque pas de s’ennuyer !