Le championnat de la Réunion des Rallyes s’apprête à poser ses valises à Sainte Suzanne, ce samedi 10 mai 2025, dans le Nord-Est de notre caillou volcanique. Et disons-le tout de suite : cette manche sent le cocktail explosif de testostérone (vues les stats), de gomme brûlée et d’ego surdimensionné. Avec quelques statistiques croustillantes en poche qui trainaient sur nos tablettes je vous les livre parce que franchement, entre les pilotes qui jouent les cascadeurs et ceux qui se semblent se traîner comme des tortues en vacances, il y a de quoi se marrer.
VMRS : Le grand cirque des moyennes
Commençons par le VMRS (Véhicules de Monsieur et Madame Tout-le-Monde, pour les néophytes). Après un démarrage aussi mou qu’un flan sans œufs à Petite Île, Sainte Suzanne fait enfin recette avec 16 engagés. Un quasi-record, comme quoi, il suffit de promettre un peu de spectacle pour rameuter les foules. Le championnat a donc ressuscité. On avait connu l’hécatombe, voici le pèlerinage. Parmi les stars du bitume, on retrouve Romain Sautron, qui, après avoir transformé sa Renault Clio Rally5 en origami géant lors d’un crash retentissant à Petite Ile, revient en force. Non, il n’a pas renoncé, au cas où vous auriez raté l’info. Cette fois, il dégaine son Audi RS3. Le week end passé à Sainte Anne il a aligné sa bête de course et est désormais auréolé d’un record au Run200. Romain a éclater les chronos et nos tympans avec son moteur hurlant. Premier sur la grille avec le numéro 101, Romain va devoir se montrer bien plus sage.

Le VMRS, pour ceux qui découvrent, n’est pas une course de vitesse pure, mais un exercice de style où il faut coller à une moyenne imposée par l’organisateur. Neuf pilotes viseront la moyenne haute (+5 km/h par rapport à la médiane), six joueront les méticuleux en moyenne intermédiaire, et puis il y a Eddy Sautron. Oui, Eddy, le seul, l’unique, qui a décidé de se la jouer tortue asthmatique en moyenne basse (-5 km/h). Eddy, mon pote, qu’est-ce qui t’arrive ? Tu te mets à freiner exprès ? On dirait un mec qui veut tester la patience de son copilote. La prochaine étape, c’est quoi, rouler en trottinette électrique avec un gilet jaune ? Alors là, Eddy, faut qu’on parle. On t’a connu plus flamboyant, plus nerveux, plus rock’n’roll. Franchement, on te soupçonne de masochisme. C’est quoi la prochaine étape ? Avaler les spéciales en marche arrière ou directement le baillon-boule ?
Des caisses qui en jettent… ou pas

Côté parc auto, le VMRS est censé être ouvert aux voitures « civiles », celles que vous croisez au supermarché le samedi matin. Mais ne vous y trompez pas : ici, on parle de châssis affûtés et de moteurs qui crachent des décibels. Pas de Porsche cette fois-ci – Matthias Deleflie a laissé sa 911 au garage, probablement pour éviter de froisser son précieux joujou. Mais entre l’Audi RS3 de Sautron et d’autres bolides bien burnés, il y aura de quoi faire vibrer les spectateurs… ou réveiller les mamies du quartier.
Rallye Moderne : Où sont les femmes ? Bah, pas partout.

Passons au Rallye Moderne, où la parité reste un concept aussi lointain qu’une victoire française en Formule 1. Sur 124 participants, seules 16 femmes seront de la partie, soit un ratio de 12,9 %. On progresse, lentement, genre la montée à 11% du Tampon avec un moteur pur tech… En tout cas, pas de quoi repeindre la carrosserie en rose.. Deux d’entre elles seront au volant pour leurs premiers tours de roue – respect, mesdames, parce qu’il faut du cran pour se lancer dans ce monde de mâles alpha qui confondent rallye et concours de celui qui hurle le plus fort. Côté copilotes, 14 femmes distilleront leurs précieuses notes à des pilotes qui, soyons honnêtes, risquent de les ignorer dans le feu de l’action. « Gauche 93 ouvre ! » – « Hein, quoi ? J’ai compris pas corde, soulage, c’est pareil, non ? » On caricature à peine…
Un rallye qui sent la poudre (et le caoutchouc brûlé)
Sainte Suzanne, c’est un tracé taillé pour les audacieux, avec ses routes sinueuses et ses spectateurs prêts à hurler à chaque glisse. Mais entre les pilotes qui visent la gloire, ceux qui visent juste à ne pas finir dans le fossé, et Eddy qui joue les philosophes du bitume, cette manche s’annonce comme un savoureux mélange de bravoure et de grand n’importe quoi. On a hâte de voir si Romain Sautron va confirmer son statut de roi du chrono ou si un outsider viendra lui voler la vedette. Et surtout, on guette Eddy : va-t-il vraiment rouler au ralenti ou nous faire un coup de théâtre en mode « surprise, je plaisantais » ?
Conclusion : À vos marques, prêts, rigolez !
Le Rallye de Sainte Suzanne, c’est un peu comme une série Netflix : il y a du drame, des rebondissements, et des personnages bigger than life. Entre les bolides rutilants genre “bien badass'”, les pilotes qui ont l’impression de jouer leur vie (ou au moins leur amour-propre), et les copilotes qui méritent une médaille pour leur patience, cette manche promet du spectacle. Alors, prenez vos jumelles, installez-vous au bord de la route, et préparez-vous à rire, vibrer, ou juste lever les yeux au ciel. Parce qu’à La Réunion, le rallye, c’est plus qu’une course : c’est un art de vivre… et parfois, un art de survivre.