Alors que les moteurs s’apprêtent à gronder sur les spéciales du Rallye de Sainte-Suzanne, les passionnés de la discipline retrouvent avec impatience un plateau riche, éclectique, et plein de promesses. Certains engagés débarquent en quête de revanche après un début de saison mitigé ; d’autres comptent bien confirmer leurs ambitions affichées lors de la première manche à Petite Ile. Une chose est sûre : la bataille des chronos s’annonce disputée à tous les niveaux, et elle commence déjà… sur la liste des engagés.
Peugeot mène la danse

Pas de révolution sur le front des marques avec 13 constructeurs : Peugeot conserve largement son statut de leader avec 22 véhicules engagés, ce qui représente plus de 35 % du plateau. Une domination numérique qui témoigne de la popularité persistante du constructeur sochalien, bien que cette hégémonie s’exerce davantage dans les catégories intermédiaires et inférieures avec l’absence des Peugeot 208 Rally2. La polyvalence des modèles Peugeot, présents dans pas moins de 12 classes de cylindrée, contribue à leur omniprésence sur tous les fronts, du F215 au N1.
Citroën garde le cap, Renault s’installe

La médaille d’argent revient à Citroën, qui aligne 14 voitures sur la ligne de départ, soit 22,5 % des engagés. Malgré un recul modéré, la marque aux chevrons se maintient solidement et reste redoutable dans huit classes de cylindrée. En embuscade, Renault continue son implantation progressive malgré l’absence d’aide de l’importateur local, avec 12 voitures engagées cette épreuve, représentant 19,35 % du plateau, et réparties dans sept classes. Le constructeur au losange, en hausse constante depuis deux saisons, s’installe durablement parmi les valeurs sûres du rallye régional.
Skoda : la résistance étrangère

Il faut descendre plus bas dans les statistiques pour trouver la première marque non-française : Skoda, avec trois voitures engagées. Le constructeur tchèque ne fait pas de la figuration, et ses Fabia, bien que peu nombreuses, restent des armes redoutables, dans la catégorie Rally2 où elles jouent souvent les trouble-fête face aux ténors habituels.
| Pos | Marque | Engagés | % total | Classes |
| 1 | Peugeot | 22 | 35,5 | 12 |
| 2 | Citroën | 14 | 22,6 | 8 |
| 3 | Renault | 12 | 19,4 | 7 |
| 4 | Skoda | 3 | 4,8 | 1 |
| 5 | VW | 2 | 3,2 | 1 |
| 5 | Ford | 2 | 3,2 | 1 |
| 6 | Mitsubishi, Subaru, Porsche, Séat, MG, Opel, Honda | 1 | 1 |
Clio, reine des modèles

Côté modèles, la Renault Clio s’impose en grande favorite du scrutin avec 14,5 % des effectifs. Toutes générations confondues (Rally3, Rally4, Rally5, N3), la compacte de Boulogne-Billancourt prouve une fois encore sa popularité et sa polyvalence. Elle est omniprésente, notamment dans les classes modernes, et s’adapte avec brio aux pilotes amateurs comme aux pointures locales.
Elle devance de peu la Peugeot 208, qui reste une référence avec 7 voitures engagées (soit 11,3 %), à égalité avec la Citroën C2. L’ancienne terreur du S1600 et F2000 refuse de vieillir et résiste fièrement à la modernité, portée par une armée de pilotes fidèles à son châssis nerveux et à sa réputation de fiabilité.
La troisième marche du podium est un triplé inattendu mais cocasse : les Peugeot 106, 206 et 207 font jeu égal avec 4 unités chacune, signe que le parc de voitures françaises “made in 90s/2000s” n’a pas dit son dernier mot. Ces anciennes gloires continuent de faire le spectacle dans les petites classes, souvent entre les mains de pilotes fougueux et déterminés.
Pas moins de 24 modèles de carrosseries, de toutes générations et de toutes définitions techniques sont regroupées sur la liste des engagés.
| Pos | Modèle | Engagés | % marque | % total | Classes |
| 1 | Renault Clio | 9 | 75 | 14,5 | 4 |
| 2 | Peugeot 208 | 7 | 31,8 | 11,3 | 3 |
| 2 | Citroën C2 | 7 | 50 | 11,3 | 5 |
| 3 | Peugeot 106 | 4 | 18,2 | 6,4 | 3 |
| 3 | Peugeot 206 | 4 | 18,2 | 6,4 | 4 |
| 3 | Peugeot 207 | 4 | 18,2 | 6,4 | 3 |
| 4 | Citroën C3 | 3 | 21,4 | 4,8 | 1 |
| 4 | Skoda Fabia | 3 | 100 | 4,8 | 1 |
| 5 | VW Polo | 2 | 100 | 3,2 | 1 |
| 5 | Ford Fiesta | 2 | 100 | 3,2 | 1 |
| 5 | DS3 | 2 | 14,3 | 3,2 | 2 |
| 5 | Citroën Saxo | 2 | 14,3 | 3,2 | 2 |
| 5 | Twingo | 2 | 16,7 | 3,2 | 2 |
| 6 | Peugeot 205 | 1 | 4,5 | 1 | |
| 6 | Peugeot 306 | 1 | 4,5 | 1 | |
| 6 | Peugeot 309 | 1 | 4,5 | 1 | |
| 6 | Mitsu Lancer | 1 | 100 | 1 | |
| 6 | Sub Impreza | 1 | 100 | 1 | |
| 6 | Porsche GT3 | 1 | 100 | 1 | |
| 6 | Mégane | 1 | 8,3 | 1 | |
| 6 | Séat Léon | 1 | 100 | 1 | |
| 6 | MG Rover | 1 | 100 | 1 | |
| 6 | Opel Corsa | 1 | 100 | 1 | |
| 6 | Honda Civic | 1 | 100 | 1 |
Une diversité salutaire
Avec des véhicules répartis dans 21 classes de cylindrée, des marques françaises solidement implantées et quelques touches internationales, le Rallye de Sainte-Suzanne promet une belle diversité sur le plan mécanique. On y retrouvera des duels de générations, des affrontements de philosophies (traction vs intégrale, moderne vs old-school), et, comme toujours, la promesse que la victoire ne se joue pas qu’avec un châssis flambant neuf, mais avec les tripes, le cœur… et un soupçon d’audace.
Reste à voir qui, des prétendants à la revanche ou des nouveaux rois autoproclamés, saura imposer sa loi sur l’asphalte réunionnais. Verdict dans les épingles, les cordes sales, et les freinages tardifs. En attendant, la revue des forces en présence est claire : la bataille s’annonce aussi statistique que spectaculaire.