lundi, septembre 7, 2026

Russel en pole, quid de la course ?

C’est officiel : George Russell a décidé qu’il était temps de rappeler à la F1 qu’il n’était pas qu’un influenceur aux dents blanches chez Mercedes. Sous un ciel oscillant entre ciel bleu québécois et menace de pluie typique de Montréal, l’Anglais s’est offert une pole magistrale, un tour qualifié par lui-même de “mighty”, ce qui en langage de pilote veut dire “j’ai prié à chaque virage et ça a tenu”. Pendant ce temps, Verstappen mordait la poussière, et Piastri constatait que les pneus tendres ne sont pas forcément une garantie de tendresse au chrono.

Russell en patron, Mercedes en mirage ?

Un 1’10”899 sur un pneu medium alors que tout le monde sortait les softs comme des serviettes de plage ? Voilà qui donne du grain à moudre à Toto Wolff, entre deux jurons en allemand dans la radio interne. Si certains y verront un retour en grâce de Mercedes, d’autres noteront que le même Russell était encore en train de faire du sous-virage artistique à Monaco. Disons plutôt que Montréal est un circuit de pilotes, pas d’aérodynamiciens. Et Russell, aujourd’hui, a piloté. Dur à avaler pour Verstappen, qui se fait coiffer au poteau pour 0.160s, probablement les seuls centimètres du week-end où sa RB21 n’était pas parfaitement soudée au bitume.

Piastri, la constance dans l’élégance

Troisième, Oscar Piastri continue son petit bonhomme de chemin dans la peau du candidat sérieux au titre qui n’ose pas encore y croire. Mais entre sa McLaren et lui, il y a cette relation saine qui contraste avec les grands drames sentimentaux des années précédentes chez Woking. Norris, de son côté, s’est livré à un numéro de trapéziste raté au dernier virage. Résultat : un septième temps et une confirmation que les vendredis rapides ne garantissent rien le samedi.

Ferrari : Charles VIII et le roi déchu Lewis

Charles Leclerc est reparti de ces qualifications avec le moral d’un télépéage sans badge. Huitième temps, une stratégie de pneus aussi inspirée qu’un menu de cantine, et un trafic digne du périph’ un jour de grève : la totale. “Très frustré”, dit-il. Nous aussi. Ferrari semble avoir perdu le manuel d’instructions entre Maranello et Montréal. Et pendant qu’on y est : depuis quand Lewis Hamilton pilote pour Ferrari ? Oui, c’est bien lui en rouge, cinquième à l’arrivée, juste devant Alonso, qui survit toujours avec un Aston Martin équipé d’un moteur à nostalgie.

Kimi Antonelli, rookie pas si timide

Quatrième sur la grille. Devant Hamilton. Devant Alonso. Devant Norris. Devant Leclerc. Devant 80% des titulaires de cartes Platine F1. Kimi Antonelli, 18 ans, fraîchement largué dans l’arène par Mercedes, prouve que les jeunes ne sont pas tous occupés à danser sur TikTok. L’élève dépasse déjà certains maîtres, et ce n’est probablement que le début.

Red Bull et Tsunoda : le cirque continue

Pendant que Verstappen joue les éternels seconds du samedi, Tsunoda décidait de rappeler qu’il existait, en écopant d’un magnifique 10-place grid drop pour ne pas avoir respecté un drapeau rouge en FP3. P11 en qualif, donc 21e au départ. Au moins, il verra la ligne droite de départ de plus près que d’habitude. Et visiblement, il a aussi passé le Q2 à jouer au gendarme, appelant à la pénalité contre Russell et se faisant klaxonner par Leclerc. Ça s’agite, mais ça n’avance pas.

Isack Hadjar : coup d’éclat et carton jaune

Le Français place sa Racing Bulls en Q3 pour la première fois, ce qui mérite des applaudissements. Mais comme il faut toujours une controverse, il a jugé malin de gêner Sainz en Q1. Résultat : trois places de pénalité et un gros soupir du côté de Williams, qui aurait bien eu besoin de la lumière d’un miracle. Parce qu’entre l’aileron envolé d’Albon et la sortie catastrophique de Sainz (P17), l’écurie britannique a offert une reconstitution du Titanic, sans l’orchestre.

PosPiloteTeamChrono
1George RussellMercedes1:10.899
2Max VerstappenRed Bull1:11.059
3Oscar PiastriMcLaren1:11.120
4Kimi AntonelliMercedes1:11.391
5Lewis HamiltonFerrari1:11.526
6Fernando AlonsoAston Martin1:11.586
7Lando NorrisMcLaren1:11.625
8Charles LeclercFerrari1:11.682
9Alexander AlbonWilliams1:11.907
10Franco ColapintoAlpine1:12.142
Grille de départ Canada25

Et les autres ?

Colapinto (P12) signe une de ses meilleures qualifs depuis son retour chez Alpine, soit une performance qui, dans le contexte actuel d’Enstone, équivaut à une victoire. Hulkenberg (13), Bearman (14) et Ocon (15) ferment la marche des semi-honorables. Mention spéciale à Ocon, toujours en délicatesse avec la Race Direction, cette fois pour n’avoir pas respecté la ligne droite la plus à droite possible. Il va finir par demander une carte de fidélité chez les commissaires.

Stroll, Lawson, Gasly : fin de peloton en eaux troubles

Stroll, 18e chez lui, visiblement décidé à continuer sa collection de courses anonymes à domicile. Lawson (19e) et Gasly (20e) ferment la marche avec la grâce d’un fond de grille de GP2. Alpine continue son opération purgatoire express, sans réelle surprise.

Conclusion : une grille à haute tension

Russell en pole, Verstappen frustré, Piastri menaçant, Antonelli étincelant. Ferrari à l’envers, McLaren à moitié dedans, Red Bull en mode damage control. Si les qualifications étaient une série Netflix, l’épisode canadien serait classé “drame + suspense + comédie involontaire”. Reste à voir si la course de dimanche confirmera le retour en grâce de Mercedes ou si Verstappen reprendra son rôle préféré : celui du type qui part deuxième et gagne quand même. Réponse sur les 70 tours du circuit Gilles-Villeneuve, entre murs affamés et marmottes imprévisibles.

IntituléDuréeLocalRéunionEuropeVietnam
Dimanche 15 Juin
Course70 tours14h0022h0020h0001h00(J+1)
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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