Il y avait encore un doute après les essais libres. Il n’y en a pratiquement plus après les qualifications. Mercedes est très à l’aise à Bakou. Enfin, une Mercedes surtout.
George Russell a signé la pole en 1’42’’526. Jusque-là, rien de franchement extravagant pour celui qui avait déjà dominé les deux séances du jeudi. Ce qui l’est beaucoup plus, c’est de regarder un peu plus bas sur la feuille : Charles Leclerc est repoussé à 837 millièmes, Oscar Piastri à 838 et Isack Hadjar à 974. Leclerc, Piastri et Hadjar se tiennent donc en 137 millièmes. Russell leur colle presque une seconde.
À Bakou, où aspiration, vent, préparation des pneumatiques et surtout gestion de l’énergie peuvent considérablement brouiller la lecture d’un tour, l’écart est suffisamment énorme pour ne plus pouvoir être rangé dans le tiroir des petites subtilités du vendredi. C’est d’autant plus vrai concernant Russell qui devait se passer de la moindre aspiration potentielle du fait de l’absence de son jeune coéquipier et leader du Championnat, nous y reviendrons.
Un autre chronomètre

La FP3 avait pourtant soigneusement entretenu le suspense. Verstappen y devançait Russell de 99 millièmes et Hamilton de 111. Antonelli suivait à 351 millièmes. Bref, quatre voitures dans une photographie encore suffisamment compacte pour imaginer une qualification disputée. Puis Russell a changé d’échelle.
Et derrière lui, la bataille a effectivement eu lieu. Charles Leclerc réalise une véritable performance en plaçant sa Ferrari en première ligne. Le résultat est d’autant plus intéressant que la Scuderia avait terminé le jeudi avec davantage de questions que de réponses, notamment autour de la mise en température des pneus et de sa vitesse de pointe. Oscar Piastri échoue à un millième du Monégasque. Après un jeudi où les chronos bruts des McLaren les avaient rejetées à près d’une seconde et demie, voilà également une confirmation : la feuille des temps racontait mal leur potentiel. Piastri place sa voiture P3 tandis que Norris reste P5 après un gros blocage au virage 3 lors de sa dernière tentative. McLaren n’était donc pas aussi loin que jeudi pouvait le laisser croire. Mais Russell, lui, est encore beaucoup plus loin devant.
Hadjar revient par la grande porte

Et puis il y a Isack Hadjar.
Absent lors des trois derniers Grands Prix après sa fracture au poignet, le Français retrouve à Bakou une Red Bull qu’il jugeait dès jeudi nettement meilleure que celle qu’il avait quittée. Son retour avait pourtant commencé avec une FP1 pratiquement sacrifiée par un problème de boîte de vitesses. Vendredi, le décor change sérieusement. Hadjar place la RB22 en P4, à moins d’une seconde de Russell et surtout quatre places devant Max Verstappen. Le Néerlandais n’a certes pas bénéficié d’une qualification parfaitement propre : sa dernière tentative est notamment compromise par un drapeau jaune et il signale également un manque de puissance.
Pas question donc de transformer les positions P4/P8 en comparaison définitive entre les deux pilotes. Mais la performance d’Hadjar existe indépendamment de celle de Verstappen. Pour son retour, il se place immédiatement dans le paquet Leclerc-Piastri et confirme surtout quelque chose que le jeudi commençait à laisser apparaître : la Red Bull fonctionne à Bakou.
Le package apporté ici, notamment autour du plancher, du diffuseur et des pontons, avait déjà donné des indications positives. Hadjar avait également expliqué retrouver une voiture sensiblement plus efficace, avec notamment les évolutions intervenues depuis son absence. Son quatrième chrono donne désormais à ces impressions une traduction beaucoup moins théorique.
Antonelli choisit l’autre extrémité
Pour Mercedes, la photographie aurait pourtant pu être encore plus impressionnante. Kimi Antonelli avait montré jeudi qu’il possédait lui aussi largement le rythme nécessaire pour évoluer devant. Deuxième de FP2 derrière Russell, puis quatrième de FP3, le leader du championnat disposait manifestement du même excellent outil. Il n’a simplement pas attendu longtemps avant de le ranger contre un mur. En Q1, après seulement un tour lancé, Antonelli touche l’intérieur du virage 1. Le train avant gauche est suffisamment endommagé pour que Mercedes lui demande d’immobiliser la voiture. Fin de séance. Il est finalement classé P16. L’erreur est d’autant plus coûteuse qu’elle ne raconte absolument rien de la performance de sa monoplace. Antonelli avait la vitesse. Il n’aura simplement pas l’occasion de l’utiliser. Et pour le leader du championnat, l’addition est potentiellement salée : son équipier partira exactement à l’autre bout de la grille. Cela dit, Monza a prouvé que ce n’était pas forcément un drame pour “Il Prodigio”
La chasse aux électrons a trouvé son chef

Jeudi, Bakou ressemblait encore à une gigantesque chasse aux électrons. Qui déployait quoi ? À quel endroit ? Avec quelle charge ? Et combien en restait-il lorsque les voitures déboulaient enfin dans cette interminable pleine charge vers le premier virage ?
Le circuit était précisément attendu comme l’un des premiers grands révélateurs des compromis imposés par la réglementation 2026 : faible traînée sur la très longue ligne droite, suffisamment d’appui pour survivre dans la vieille ville et une gestion énergétique capable de faire tenir ensemble ces deux mondes. La qualification ne répond évidemment pas à toutes ces questions. Elle en apporte néanmoins une assez spectaculaire. Derrière, Leclerc, Piastri et Hadjar se battent à coups de millièmes. Norris, Hamilton, Gasly et Verstappen suivent. Et devant ?
Russell.
| Session | Local | Europe | Réunion |
| Samedi 26 Septembre | |||
| Race (51 tours) | 15h00 | 13h00 | 15h00 |