lundi, septembre 7, 2026

S2000, bis repetitae…Peugeot musicale et valse à trois temps…

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se recycle : surtout quand il s’agit de Peugeot S2000 et de transferts affectifs dans le microcosme du rallye réunionnais. À l’approche du Tour Auto 2025, l’édition s’annonce aussi nébuleuse qu’un bulletin météo de la Plaine-des-Cafres en hiver : un coup de soleil, trois coups de brouillard, et une pluie de questions sans parapluie. Et en vedette de ce vaudeville mécanique, un trio bien connu : Régis Laravine, Elysée Filaumart et, peut-être, le très attendu retour d’Olivier Payet. Oui, le vrai, pas une copie chinoise du souvenir.

Mais reprenons depuis le début. Souvenez-vous : Régis Laravine, à l’orée du Rallye de Sainte Suzanne 2025, annonçait en grande pompe (et sans tambour) qu’il faisait là ses adieux à sa fidèle Peugeot 207 S2000. Un « one last dance » avant de basculer dans une époque plus moderne, plus civilisée, plus Rally2 : une 208 ex-Giovanni Payet, histoire de tourner la page. On applaudit, on essuie une larme, et on prend ça pour argent comptant. Sauf que voilà, depuis ce matin, ce scénario semble aussi solide qu’un calendrier de dates de livraison chez un concessionnaire de la place dont je tairais le nom : tout est en sursis depuis l’annonce du retour de “zézé” au Tour à bord de sa tuture.

Car figurez-vous que l’ami Régis envisagerait de ressortir sa propre 207 S2000 refaite en totalité pour affronter l’irréductible Elysée Filaumart, lui-même revenant cette année au volant de sa propre lionne rugissante. La tentation est grande : deux anciens combattants, deux montures identiques, un duel de vétérans façon “Clash of the Titans” sauce rougail morue. Ce serait presque romantique, si ça ne mettait pas autant le bazar dans les plans de tout le monde.

Pourquoi ? Parce que dans cette histoire à tiroirs (mal fermés), se glisse un autre personnage, et non des moindres : Olivier Payet. Légende vivante du rallye péi, nostalgique des S2000 chantantes (2 victoires au Tour Auto sur cette catégorie en 2010 et 2011), plus allergique aux R5 qu’un enfant asthmatique à la poussière de chantier. En 2024, un retour surprise avait eu lieu à Saint-Joseph, avec Imran Ravate à la lecture de notes, et la 207 S2000 prêtée par Laravine. Las, l’histoire a tourné court : un cambriolage pendant la nuit de la première étape (parce que tant qu’à faire, autant saboter le comeback jusqu’au bout) et hop, abandon pour “raisons personnelles”, ce qui dans le monde du rallye signifie en général « On n’a pas le choix, on vous expliquera plus tard ».

Depuis, l’hypothèse d’un retour d’Olivier et Imran pour le Tour Auto n’a jamais quitté les radars. C’est même devenu une sorte de serpent de mer local, entre rumeur persistante et fantasme collectif. Le public en rêve. Les puristes en salivent.

Mais voilà, la logistique, elle, rigole moins. Si Régis prend la 207, Payet hériterait de la 208. Et là, c’est le drame : confier une R5 4RM à Olivier, c’est comme offrir un SUV automatique à un puriste de la boîte manuelle. Il pourrait le faire, techniquement. Mais il y perdrait un morceau de son âme sans pouvoir jouer dans la cour des grands compte tenu du plateau local. L’homme a brillé en Punto S2000, a régalé en 207 S2000 avec un dernier podium en 2017 toujours au Tour en plus du Saint Jo’. Bref, sa relation avec ces voitures-là est plus fusionnelle qu’un couple de TikTokers en lune de miel sponsorisée.

Alors, on fait quoi ? On inverse les rôles ? On loue une troisième voiture ? On tire à la courte paille ? Gramoune Moussa, expert autoproclamé en revirements de dernière minute et empêcheur de rouler en rond avait refroidi l’enthousiasme du Tour Auto 2024 avec ses « blabla » à géométrie variable.

Quoi qu’il en soit, on retient surtout une chose : voir Olivier Payet revenir au départ du Tour Auto, peu importe le flacon, c’est l’assurance d’avoir un peu de panache, de folie, et de grande classe dans le peloton. Un retour de Payet ferait souffler un vent de nostalgie salutaire sur les spéciales. Bien évidemment hors de question de jouer la gagne avec la 207 ou la 208 mais le frisson serait bien là !

Reste à voir si les astres s’alignent, si les Peugeot s’échangent dans le bon ordre, et si les ambitions des uns n’écrasent pas les désirs des autres. Parce qu’entre les voitures qui changent de mains et les pilotes qui réapparaissent selon l’humeur du jour, le Tour Auto 2025 ressemble à une partie de dominos instables. Ça peut tenir. Ou s’effondrer d’un coup, sans prévenir.

Mais au fond, peu importe la mécanique. Ce qu’on veut, c’est voir Olivier Payet envoyer du gaz, avec Imran Ravate au micro, les notes hurlées dans les épingles, et ce petit supplément d’âme qui transforme une participation en événement.

Alors Régis, sois sympa. Prends la 208. Laisse la 207 à Olivier. Et offrez-nous le duel (peut-on dire truel d’ailleurs ?) dont tout le monde rêve : Filaumart vs Laravine vs Payet. Trois lions pour un trône, trois voitures savanesques pour un Tour Auto. Elysée se frotte les mains, il devrait avoir de la concurrence face à lui…Olivier et Imran, en route !

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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