Bienvenue dans l’arène nordique du chaos sablonneux, j’ai nommé : le KymiRing. Ce nouveau circuit finlandais, enfoui dans une forêt aussi accueillante qu’une salle de réunion sans clim en pleine canicule, a été le théâtre d’un samedi aussi rocambolesque que révélateur lors des courses qualificatives du GP de Finlande. Entre les envolées lyriques de Lucas Coenen, les crashs assassins de Liam Everts et les ambitions laminées dans les ornières, ce round a servi une farce motocrossienne bien gratinée comme prévu.
MXGP : Coenen sur un nuage, les autres dans la poussière

Il est décidément le roi des samedis, Lucas Coenen. Cinquième victoire en qualification cette saison, un départ canon, une gestion de course chirurgicale… et ce sourire satisfait de premier de la classe qui vient de corriger tout le tableau. Ce gamin de la Red Bull KTM semble incapable de foirer un samedi, et il le prouve encore en atomisant le peloton avec neuf secondes d’avance sur un Calvin Vlaanderen pourtant bien inspiré dans sa livrée “70e anniversaire” – du bleu, du panache, mais surtout de la résignation face à la KTM autrichienne qui file comme une balle.

Derrière, c’était la kermesse. Glenn Coldenhoff, visiblement nostalgique de son statut d’empêcheur de tourner en rond, décide de jouer aux quilles avec Romain Febvre dès le premier virage. Résultat : les deux dans le bac à sable, pendant que Bonacorsi s’incruste en mode “hé les gars, moi aussi je veux jouer devant”. Et il l’a bien fait, le pilote Fantic ! Troisième, meilleur résultat de sa jeune carrière, et surtout, plus propre que la majorité des cascadeurs qui l’entouraient.

Mention spéciale à Adam Sterry, ce valeureux Britannique au guidon privé, qui a brièvement cru à la rédemption motocrossienne avant de se faire rattraper par la meute. Mais finir septième dans un tel champ de mines, c’est quasiment un miracle homologué par la FIM.

Quant à Febvre, laborieux, râleur et visiblement fâché avec l’idée de ne pas gagner chaque samedi, il sauve les meubles avec une sixième place et quelques points pour limiter la casse au championnat. Pas de quoi sabrer le champagne chez Kawasaki, mais assez pour ne pas sombrer dans la déprime verte fluo.
| Pos | Pilote | Moto | Chrono |
| 1 | Coenen, Lucas | KTM | 23’35,419 |
| 2 | Vlaanderen, Calvin | Yamaha | +09.363 |
| 3 | Bonacorsi, Andrea | Fantic | +18.094 |
| 4 | Fernandez, Ruben | Honda | +28.816 |
| 5 | Geerts, Jago | Yamaha | +34.579 |
| 6 | Febvre, Romain | Kawasaki | +40.506 |
| 7 | Sterry, Adam | KTM | +43.415 |
| 8 | Van doninck, Brent | Honda | +46.423 |
| 9 | Watson, Ben | Beta | +49.576 |
| 10 | Seewer, Jeremy | Ducati | +52.025 |
MX2 : De Wolf s’impose, Everts explose (littéralement)

Kay de Wolf avait l’air serein. Trop, peut-être. Car le véritable héros tragique de ce samedi reste Liam Everts. Le Belge de poche, impeccable jusqu’ici en qualifications cette saison, avait la victoire en main après avoir profité d’une erreur de Sacha Coenen. Tout roulait. Et puis… BAM ! Un crash violent dans les vagues, qui l’expédie directement sur la touche avec un probable dos cassé. Rideau, fin du sketch.
De Wolf, inquiet pour son pote mais professionnel jusqu’au bout des crampons, prend alors le commandement. Une victoire qui aurait eu une saveur plus douce sans l’ombre de l’ambulance sur le tracé, mais une victoire tout de même. Deuxième de la saison seulement, pour un pilote qui semblait pourtant taillé pour dominer les samedis comme les dimanches. Comme quoi, les sables mouvants du KymiRing avalent même les certitudes.

Derrière lui, Sacha Coenen termine à une frustrante deuxième place pour… la cinquième fois cette année. Le garçon collectionne les places d’honneur avec la régularité d’un métronome suisse, sauf que le podium sans la victoire, c’est comme une bière sans mousse : ça manque de saveur. Guillem Farres, lui, signe un miraculeux troisième rang, comme sorti de nulle part, histoire de rappeler que Triumph sait encore faire autre chose que des motos pour hipsters barbus.

Längenfelder, Adamo et Valin ferment la marche des pilotes “qui n’ont pas chuté et ne se sont pas fait doubler par leur ombre”. Le Français Valin s’offre même son meilleur samedi en carrière. Oui, un cinquième rang. Comme quoi, même dans le chaos, certains arrivent à trouver leur bonheur dans les miettes. Le réunionnais Quentin Prugnières termine quant à lui au pied du top10.
| Pos | Rider | Bike | Chrono |
| 1 | de Wolf, Kay | Husqvarna | 23’61,073 |
| 2 | Coenen, Sacha | KTM | +06.407 |
| 3 | Farres, Guillem | Triumph | +12.197 |
| 4 | Längenfelder, Simon | KTM | +13.841 |
| 5 | Valin, Mathis | Kawasaki | +16.337 |
KymiRing : circuit ou terrain de paintball ?
La vraie star de ce samedi, c’est peut-être le circuit lui-même. Le KymiRing, avec son sable piégeux, ses vagues meurtrières et ses virages plus creusés qu’un compte en banque en fin de mois, n’a pas fait de cadeaux. C’est simple : à la fin de la journée, on aurait dit que des sangliers avaient fait du motocross en pleine nuit. Et ce n’est que la qualification ! Demain, avec deux manches complètes, ce sera carrément l’enfer sur Terre, version finlandaise.
Ce tracé, supposé “nouveau joyau du calendrier”, a en réalité révélé les failles des prétendants au titre. Il récompense ceux qui savent garder la tête froide – Lucas Coenen en tête – et punit sévèrement ceux qui roulent avec la finesse d’un tractopelle. Demandez à Everts ce qu’il en pense, s’il peut encore s’asseoir…
Et Dimanche, alors ?

Dimanche, il faudra de la constance, de la lucidité… et surtout, une solide paire de nerfs. Lucas Coenen peut revenir à moins de 20 points de Febvre s’il joue bien ses cartes. De Wolf peut talonner Adamo au championnat s’il capitalise. Mais tout cela ne tiendra qu’à un fil. Un fil de sable mouvant, instable, prêt à happer la moindre erreur.
Le KymiRing a offert un samedi de feu. Mais le vrai carnage, c’est pour les courses pleines. Préparez les coudières et peut-être aussi un prêtre pour les derniers sacrements. Ce GP de Finlande pourrait bien être celui où tout bascule… ou celui où plus rien ne tient debout.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Dimanche 13 Juillet | |||||
| MX2 WU | 15′ | 10h25 | 11h25 | 09h25 | 14h25 |
| MXGP WU | 15′ | 10h45 | 11h45 | 09h45 | 14h45 |
| MX2 R1 | 30’+2tours | 13h15 | 14h15 | 12h115 | 17h15 |
| MXGP R1 | 30’+2tours | 14h15 | 15h15 | 13h15 | 18h15 |
| MX2 R2 | 30’+2tours | 16h10 | 17h10 | 15h10 | 20h10 |
| MXGP R2 | 30’+2tours | 17h10 | 18h10 | 16h10 | 21h10 |