mercredi, septembre 9, 2026

Sacre possible !

La caravane de l’IndyCar se remet en branle ce week-end après une (trop) longue pause estivale de deux semaines, avec un grand frisson qui ressemble fort à… un enterrement de suspense. Bienvenue à Portland, Oregon, haut-lieu de l’attaque chirurgicale, du bitume plat comme une table basse et de l’histoire recyclée sur les ruines de Vanport. C’est ici, entre deux stands de donuts bio et des pistes cyclables saturées, que l’on va peut-être couronner Alex Palou pour la quatrième fois. Oui, quatrième. Avant même de finir la saison. Encore.

Palou, ce tueur silencieux à l’accent catalan

À 27 ans, le pilote de Chip Ganassi Racing s’avance vers le Portland International Raceway comme un colosse en sandales, prêt à écraser toute velléité de compétition avec l’élégance clinique d’un logiciel de comptabilité. Avec 121 points d’avance sur Pato O’Ward – le dernier à encore faire semblant d’y croire – Palou pourrait plier l’affaire dès dimanche. Il lui suffit de conserver 108 points d’avance en quittant l’Oregon. Autant dire que sauf si sa bestiole se transforme en vélo-cargo, le titre est dans la boîte. Et ce serait même une redite : déjà en 2023, il avait scellé l’affaire ici-même. Portland comme talisman. Portland comme cimetière de tout suspens.

La machine Palou : hygiène, stratégie et mépris du spectacle

Palou cette année, c’est huit victoires, dont cinq sur circuits routiers, son jardin personnel. Son pire résultat sur ce type de tracé ? Deuxième. Oui, DEUXIÈME. À Mid-Ohio, où il a mené 75 des 90 tours. Une hécatombe. C’est dire si l’homme est dans une forme que l’on qualifierait de “proprement déprimante” pour ses rivaux.

Et que dit l’intéressé ? Qu’il ne fait pas de calculs. Pas de mathématiques. Juste du travail bien fait. De la gestion. De la performance. En clair, tout ce qu’un téléspectateur moyen ne veut surtout pas entendre. Il ne rêve pas de chaos, de dépassements kamikazes ou de stratégies foireuses. Il rêve de rythme propre et d’undercuts bien exécutés. Palou, c’est le tueur à gages qui trie ses balles par calibre avant d’éliminer la concurrence dans un silence total. Un sniper !

Portland, ce circuit plat qui rêve d’un peu de relief

Portland. Ses 1,964 miles de ruban gris (3,161km), ses 12 virages étalés sur un terrain aussi vallonné qu’une piste de curling, et ses rares zones de dépassement – une chicane en bout de ligne droite, un gros freinage en virage 7, et ce long retour vers les stands en triple enchaînement qui donne de faux espoirs. Pas de banking, pas d’ovale, pas de mur à raser. Juste un terrain de jeu pour ingénieurs et stratèges, avec un soupçon d’action quand les pneus pleurent.

La grande histoire du circuit ? Un finish en 1997 où Mark Blundell a devancé Gil de Ferran de 0.027s et Raul Boesel de 0.055s dans une arrivée à trois… Autant dire que ça fait 28 ans qu’on attend que ça se reproduise.

Pato O’Ward : l’espoir par défaut

Et Pato, alors ? Le Mexicain à la fougue d’un rookie continue de se battre pour l’honneur. Deux quatrièmes places lors de ses trois dernières venues ici : pas mal, mais loin d’être suffisant. Et il le sait. Le souci, c’est que Pato se bat avec panache, mais son écurie, Arrow McLaren, continue de confondre vitesse et précipitation. Résultat : il est relégué au rôle de figurant tragique, obligé de prier pour une défaillance mécanique du catalan dominateur – autant espérer que l’Oregon soit frappé par un ouragan.

La fin de saison ? Deux ovales pour faire joli

Et après ? Deux ovales, Milwaukee et Nashville. Deux courses où Palou pourrait très bien rester chez lui à faire du paddle board, que son trophée serait quand même expédié par UPS ou DHL en ce qui le concerne. L’Espagnol a même la possibilité d’atteindre les neuf victoires dans la saison, rejoignant ainsi Mario Andretti. Dix victoires, et il égalerait A.J. Foyt. Un détail ? Pas pour les stats. Mais pour le suspense, c’est terminé.

Il est d’ailleurs symptomatique que la dernière vraie question de la saison ne soit pas « qui va gagner ? » mais « Palou va-t-il égaler Foyt ? ». On sent l’excitation.

INDYCAR : la discipline où le spectacle vient en option

Soyons clairs : l’IndyCar 2025 est dominée par un pilote brillant, mais cadenassée par une logique implacable. La série est censée incarner l’ultime bastion du “real racing”, celui où tous les pilotes peuvent gagner, où la technique ne supplante pas le talent. Sauf qu’en réalité, c’est l’ère Palou : méthodique, implacable, presque inodore.

On rêverait de chaos, d’un finish comme en 1997, d’un restart furieux à trois tours de l’arrivée, d’un dépassement venu d’ailleurs. Mais à Portland, les paris sont ouverts : combien de secondes d’avance aura Palou cette fois ? Et surtout, combien de téléspectateurs tiendront jusqu’au drapeau à damier ? Moi, j’en serais !

Conclusion : la routine, mais avec du génie

Ce dimanche, ne vous attendez pas à un retournement de situation. Palou n’est pas là pour nous faire vibrer. Il est là pour gagner, proprement, efficacement, froidement. Et il va probablement y arriver. Encore. La vraie question, c’est de savoir combien de saisons l’IndyCar va encore supporter un tel déséquilibre sans revoir ses recettes. Parce que si Palou continue sur ce rythme, il va falloir trouver une nouvelle manière de vendre du rêve. À défaut, on recommandera aux organisateurs de fournir un café bien serré. Parce qu’avec l’Espagnol en tête dès le départ, seule la manière compte !

IntituléLocalRéunionEuropeVietnam
Vendredi 8 Aout
FP117h3003h30(J+1)01h30(J+1)06h30(J+1)
Samedi 9 Aout
FP212h0023h0021h0002h00(J+1)
Qualifs14h3001h30(J+1)23h3004h30(J+1)
FP19h3006h30(J+1)04h30(J+1)09h30(J+1)
Dimanche 10 Aout
Course 110 tours15h0002h00(J+1)00h00(J+1)05h00(J+1)
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

Articles similaires

- Publicité -spot_img

Derniers articles

fr_FRFrançais