Montréal. Son circuit bordé de murs vicieux, ses marmottes kamikazes, et ses Grands Prix qui transforment des gens en légendes… ou en mèmes. Ce dimanche, c’est George Russell qui s’est offert le champagne (et la rédemption), pendant que McLaren offrait un crash-test grandeur nature à ses fans les plus optimistes. Résumé d’un GP à haute teneur en idiotie stratégique, coup de chaud entre équipiers et malédiction ferrariste, comme toujours.
Russell : du glaçon dans les veines, du plomb dans les pneus

Il fallait le faire : battre Verstappen en qualifs, ne pas paniquer face à ses rétroviseurs pleins de Red Bull, survivre à deux arrêts, résister aux fantasmes tactiques de Mercedes… et surtout, ne pas se faire rentrer dedans par un coéquipier. Bref, tout ce que George Russell a brillamment réussi, pendant que McLaren jouait à Colin McRae Rally. Parti en pole, Russell a conduit avec le calme d’un banquier suisse en congé. Pas une roue de travers, une stratégie limpide, une victoire propre. À croire que Mercedes a retrouvé sa colonne vertébrale. Ou qu’ils ont viré l’ingénieur caféine.
Verstappen, deuxième : l’habituel mode “on n’est pas venu pour rigoler”

Le triple champion du monde a bien essayé de bousculer la hiérarchie, mais entre une Red Bull toujours aussi suspecte sur les longs runs et un Russell plus rapide que le Wi-Fi au paddock, le Néerlandais a dû se contenter de suivre en mode surveillance active. Max a tout tenté, sauf le sabotage à la batte de baseball, mais Mercedes avait cette fois une vraie voiture de course, et pas une table de ping-pong aérodynamique. Il termine à deux dixièmes. Deux. Comme quoi même chez Red Bull, la réalité finit par reprendre le dessus.
Kimi Antonelli sur le podium : le garçon qui ne tremble jamais

Le rookie italien, annoncé comme le successeur de tout le monde depuis qu’il a mis un casque, a tranquillement décroché son premier podium. P3 à l’arrivée, après avoir nettoyé Piastri en début de course et résisté jusqu’au bout au chaos des arrêts. On sent que Toto Wolff commence déjà à rêver d’un duo Russell-Antonelli 2026 façon “gentlemen propres sur eux”. Sauf que voilà : le garçon est rapide, calme, et déjà plus constant qu’Hamilton ces derniers temps. Oui, c’est dit.
McLaren : pas besoin d’ennemis quand on a un coéquipier

Et c’est là que le drame du dimanche prend forme. Oscar Piastri, intelligent, rapide, chirurgical. Lando Norris, flamboyant, rapide, parfois impulsif. Deux talents, une même voiture… et zéro instinct de survie collectif. À huit tours de l’arrivée, alors qu’Antonelli commence à faiblir, les deux McLaren se battent pour une place sur le podium. Et que fait Norris ? Il envoie sa propre voiture dans le museau de Piastri dans la chicane. Résultat : drapeau jaune, Safety Car, voiture plantée, pénalité de 5 secondes et une belle image de sabotage à la sauce papaye.

Norris s’excuse à la radio – ce qui est très bien – mais ça ne fait pas réapparaître ses points ni effacer le soupir de Zak Brown sur le muret. McLaren repart de Montréal avec une quatrième place (Piastri sauve ce qui peut l’être), un crash interne et probablement quelques réunions RH à venir. Peut-être que leur nouvelle stratégie de course s’appelle “tire-toi une balle dans le pied, vise bien”.
Ferrari : Leclerc demande un “Plan C” et reçoit un “Plan S, comme Sabotage”

À chaque GP, Ferrari nous offre un sketch. Cette fois, Charles Leclerc, coincé entre stratégies absurdes et pneus qui refusent de coopérer, a dû se contenter d’une cinquième place. Son message radio “Je ne comprends pas ce choix” devrait être gravé sur la façade de Maranello. On l’entendrait presque demander un GPS pour retrouver la logique de ses ingénieurs. Pendant ce temps, Sainz, relégué dans sa Williams de location, fait ce qu’il peut pour éviter les arbres (et Bearman). Il prend un point. Quelle époque.
Hamilton P6, Alonso P7 : les vétérans gardent la ligne

Lewis, frustré, paumé dans le trafic, a fini derrière Leclerc sans vraiment comprendre pourquoi. “Je suis nulle part dans cette course”, lâche-t-il dans sa radio. On confirme, Lewis. Fernando Alonso, lui, continue son petit bonhomme de chemin chez Aston Martin : P7, rien de spectaculaire, mais suffisant pour entretenir l’illusion que l’équipe 2025 sait encore faire une voiture. Spoiler : non.
Derrière, c’est la foire aux seconds rôles

Hülkenberg (P8) continue sa tournée d’adieu avec des points, Ocon (P9) offre un gâteau d’anniversaire à Haas pour leur 200e GP, et Sainz sauve l’honneur de Williams (P10) pendant que Bearman reste à la porte (P11). Mention spéciale à Yuki Tsunoda, parti dernier et remonté douzième. Dommage que Red Bull ne lui donne toujours pas de vraie chance.
| Pos | Pilote | Team | Chrono |
|---|---|---|---|
| 1 | George Russell | Mercedes | 1:31:52.688 |
| 2 | Max Verstappen | Red Bull Racing | +0.228s |
| 3 | Kimi Antonelli | Mercedes | +1.014s |
| 4 | Oscar Piastri | McLaren | +2.109s |
| 5 | Charles Leclerc | Ferrari | +3.442s |
| 6 | Lewis Hamilton | Ferrari | +10.713s |
| 7 | Fernando Alonso | Aston Martin | +10.972s |
| 8 | Nico Hulkenberg | Sauber | +15.364s |
| 9 | Esteban Ocon | Haas | +1 lap |
| 10 | Carlos Sainz | Williams | +1 lap |
Et sinon ?
– Albon abandonne. Encore.
– Lawson abandonne. Toujours.
– Gasly et Colapinto font une course Alpine de plus. Invisible.
– Stroll est dernier. À domicile. Avec une pénalité. Voilà.
Mercedes, l’éclaircie ?
Russell gagne, Antonelli impressionne, et soudain, Mercedes semble de retour dans le jeu. Si seulement ils arrivent à ne pas tout gâcher la prochaine fois… Pendant ce temps, McLaren implose alors qu’elle aurait pu rafler gros. Et Verstappen, malgré sa P2, sent que la domination n’est plus automatique. Le championnat 2025 est enfin vivant – et surtout, délicieusement chaotique.
À suivre : l’Autriche pour le GP d’Europe, où la chaleur pourrait fonder les pneus… et peut-être les nerfs de McLaren. Rendez-vous sur les terres Redbull !
| Pos | Pilote | Team | PTS |
|---|---|---|---|
| 1 | Oscar Piastri | McLaren | 198 |
| 2 | Lando Norris | McLaren | 176 |
| 3 | Max Verstappen | Red Bull | 155 |
| 4 | George Russell | Mercedes | 136 |
| 5 | Charles Leclerc | Ferrari | 104 |
| 6 | Lewis Hamilton | Ferrari | 79 |
| 7 | Kimi Antonelli | Mercedes | 63 |
| 8 | Alexander Albon | Williams | 42 |
| 9 | Esteban Ocon | Haas | 22 |
| 10 | Isack Hadjar | Racing Bulls | 21 |