Le Championnat du Monde d’Endurance (WEC) a décidé de traverser l’Atlantique pour sa tournée exotique, avec en ligne de mire : les 6 Heures de São Paulo. Direction Interlagos, ce circuit mythique, exigeant, bosselé, au bitume fraîchement refait et aux promesses de dépassements… qu’on attend toujours. Un retour sous les tropiques pour une discipline qui se veut mondiale, mais qui a plus souvent l’air d’un championnat paneuropéen sponsorisé par l’ennui et le marketing.

Bienvenue à Interlagos, joyau sud-américain aux 4,309 km de pure lutte mécanique, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, comme pour rappeler que ce championnat fait tout à l’envers depuis plusieurs saisons. Pour la deuxième année consécutive, le paddock WEC fait escale dans ce haut-lieu du sport auto, non pas pour honorer la tradition ou les fans brésiliens, mais pour cocher la case « international » d’un calendrier qui transpire l’aseptisation réglementaire.
Ferrari en maître de cérémonie : la domination à l’italienne

Ferrari, avec sa 499P, écrase la concurrence depuis le début de saison. Une domination qu’on pourrait croire écrite d’avance, tant la Scuderia semble avoir coché toutes les cases : voiture affûtée, pilotes affamés, stratégie sans faille. Trois victoires en quatre courses. Qui dit mieux ? Pas Toyota, manifestement, qui continue de ruminer son statut de géant tombé de son piédestal, ni Porsche, en pleine crise d’identité malgré son pedigree de constructeur le plus titré de l’histoire de l’endurance.
La Ferrari n°51 trône fièrement en tête du championnat, dans un clin d’œil capillairement tiré à ses victoires passées à São Paulo en catégorie GT. Superstition ou simple supériorité technique ? À ce stade, peu importe : c’est la voiture qui gagne, pas le folklore autour du numéro. Le trio Giovinazzi-Pier Guidi-Calado déroule, pendant que d’autres s’essoufflent à tenter d’y croire encore.

Même la Ferrari n°83, fraîchement auréolée d’une victoire au Mans, sait que doubler la mise à Interlagos relève de la fiction. L’histoire du WEC est formelle : performer au Mans, c’est bien. Performer au Brésil dans la foulée ? C’est un vœu pieux. Et pourtant, l’écurie continue d’y croire. On admire leur optimisme…
Toyota, ou l’art de tomber de haut

Le constructeur japonais, jadis intouchable, semble être devenu l’ombre de lui-même. Pas un podium cette saison. Nada. Rien. Zéro. Une série noire que même les plus indulgents ont cessé d’excuser. On nous annonce qu’ils pourraient décrocher leur 47e victoire en WEC à São Paulo, comme s’il s’agissait d’un aboutissement logique. Mais quand on voit la réalité : lenteur relative, stratégie en berne, et performances anecdotiques, il est difficile de croire à un miracle brésilien.
Leur Hyperpole de 2024 ? Un lointain souvenir qui ne rassure personne. La descente aux enfers n’est jamais belle à regarder, surtout quand elle est maquillée en « période de transition ». Chez Toyota, on ne parle plus de victoire, on parle de rattraper la voiture de sécurité.
Porsche : les restes du prestige

Porsche a beau crier à l’histoire glorieuse, elle n’épargne pas la misère du présent. Un seul podium en 2025, au Mans, glané de haute lutte par le trio Estre-Vanthoor-Campbell. À Interlagos, ils seront amputés de leur Australien, Matt Campbell, et devront prier pour que la dynamique positive survive à l’absence. C’est dire si on en est réduit à parler d’énergie cosmique pour une équipe qui a dominé le monde de l’endurance pendant des décennies.
Mais bon, ils reviennent à São Paulo, là où ils ont connu leur premier triomphe en catégorie supérieure. Oui, en 2014. Une éternité dans le sport auto. Le souvenir réchauffe, mais ne fait pas avancer plus vite sur la piste.
LMGT3 : ambiance locale, ambitions modestes

Passons maintenant à la catégorie LMGT3, où deux pilotes locaux tenteront de sauver l’honneur brésilien. Augusto Farfus, vétéran respectable passé par de nombreuses séries devenu pilote régional, partagera sa BMW avec un équipage aussi exotique qu’improbable. Une montée sur le podium ? Peut-être. Un coup d’éclat ? nettement moins.

Et que dire d’Eduardo « Dudu » Barrichello, rejeton d’une dynastie de pilotes ayant toujours flirté avec la victoire sans jamais vraiment la consommer ? Aligné sur une Aston Martin Vantage, il aura pour lui l’enthousiasme de la foule… et peu d’autre chose. Car si la marque britannique trône au sommet du palmarès GT brésilien, c’était dans un autre temps, une autre époque, où le WEC avait encore un semblant de charisme.
Michelin : des pneus et des sueurs

Michelin, comme à son habitude, joue les alchimistes du caoutchouc. Après avoir égalé le record de 34 victoires au Mans, les ingénieurs du Bibendum débarquent à Interlagos avec une valise pleine de doutes et de Medium/Hard. La piste, resurfacée depuis 2024, ne permet aucune extrapolation : tout est à recommencer.
Le circuit est court, sinueux, vicieux, et les contraintes sur les pneus sont sévères, surtout à l’arrière gauche. Pierre Alves, responsable du programme endurance, parle d’une charge verticale de 1025 kg au virage 11. C’est impressionnant sur le papier. Mais dans les faits ? Cela signifie surtout que la gestion des pneumatiques sera aussi importante que le pilotage. On appelle ça du sport stratégique quand on veut éviter de dire que les courses sont souvent décidées dans les stands.
Le cirque continue

Les séances d’essais libres débutent le 11 juillet, mais soyons honnêtes : ce ne sont que des répétitions pour un spectacle dont le scénario semble déjà écrit. Ferrari gagnera-t-elle encore ? Toyota va-t-elle enfin faire quelque chose d’utile ? Porsche va-t-elle se souvenir qu’elle est Porsche ? Et les pilotes locaux vont-ils briller plus fort que les néons de São Paulo un dimanche soir ?
Le WEC veut nous faire croire à une grande aventure planétaire, mais derrière les mots ronflants et les communiqués formatés, il y a une réalité plus triviale : celle d’un championnat en quête de sens, d’équité et d’intérêt. Mais bon, tant que les voitures tournent, que les pneus crissent, et que les Rolex sont visibles à l’écran, tout va bien dans le monde merveilleux de l’endurance.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Vendredi 11 Juillet | |||||
| FP1 | 1h30 | 11h00 | 18h00 | 16h00 | 21h00 |
| FP2 | 1h30 | 15h45 | 22h45 | 20h45 | 01h45(J+1) |
| Samedi 12 Juillet | |||||
| FP3 | 60′ | 10h10 | 17h10 | 15h10 | 20h10 |
| Qualifs GT3 | 12′ | 14h45 | 21h45 | 19h45 | 00h45(J+1) |
| Hyperpole GT3 | 10′ | 15h05 | 22h05 | 20h05 | 01h05(J+1) |
| Qualifs Hypercar | 12′ | 15h27 | 22h27 | 20h27 | 01h27(J+1) |
| Hyperpole Hypercar | 10′ | 15h45 | 22h45 | 20h45 | 01h45(J+1) |
| Dimanche 13 Juillet | |||||
| Course | 6h | 11h30 | 18h30 | 16h30 | 21h30 |