Dans un championnat 2025 qui hésite entre loterie météo et débris mécaniques, le Rallye de Grèce joue comme chaque année le rôle de crash test grandeur nature. Cette fois, c’est Hankook qui entre dans l’arène pour son premier Acropolis. Le manufacturier coréen, nouveau fournisseur unique du WRC, a déjà vu ses gommes dérouler au Kenya, au Portugal et en Sardaigne. Mais là, on passe un cap : pierre contre polymère, gravier contre gomme, et un terrain si hostile qu’on se demande comment les chèvres y survivent. Spoiler : elles ne font pas de rallye.
Bienvenue à l’Acropolis, temple du chaos

Grèce, 45 degrés à l’ombre (qu’il n’y a pas), et des spéciales qui ressemblent à des routes en pleine guerre civile. L’Acropolis Rally, c’est :
- Des spéciales longues comme des jours sans turbo.
- Des cailloux plus pointus que les critiques sur les choix de pneus.
- Des suspensions qui hurlent dès le shakedown.
- Des pilotes en mode sauna tout le week end avec des habitacles à plus de 55°C
Et comme si cela ne suffisait pas, le classement actuel du championnat offre à Toyota le rôle de municipalité : balayer, balayer, balayer. Ce sera d’autant plus vrai pour cette édition avec un Vendredi qui n’est pas constitué de boucles mais d’un enchainement de spéciales différentes.
Classement général : Elfyn, Ogier, Rovanperä… et les autres qui attendent que ça passe

Elfyn Evans, premier du championnat, hérite donc d’un cadeau empoisonné : ouvrir les routes vendredi, soit transformer sa Toyota en aspirateur géant à poussière. En Grèce, cela revient à offrir un paquet de secondes par spéciale à ses rivaux plus loin sur la route. Mais le Gallois sait gérer : il a désormais l’habitude puisque leader depuis la manche suédoise…jusqu’à présent !
Derrière lui :
- Sébastien Ogier, deuxième avec un programme partiel, mais visiblement toujours plus incisif que nombre de ceux qui font toutes les courses. Il n’a aucune pression : il vient, il gagne, il repart. Mais en Grèce, même lui devra s’incliner face aux lois de la physique et des cailloux.
- Kalle Rovanperä, troisième à un point d’Ogier, lui aussi condamné au rôle de dégommeur de graviers. Il aime la terre, il aime glisser et a retrouvé ses automatismes depuis l’Espagne après une saison de “disponibilité”.
Bref, vendredi matin, les trois Toyota nettoieront consciencieusement les pistes pour les suivants. Et les suivants s’appellent Ott Tänak et Thierry Neuville notamment.
Tänak et Neuville : une vraie carte à jouer

Tänak (Hyundai) et Neuville (Hyundai aussi, mais en version qui râle) vont profiter d’une piste nettement plus propre, ou du moins moins dégueulasse, pour tenter le coup de Trafalgar. Sur ce genre d’épreuve, l’ordre de départ est aussi déterminant que la stratégie de pneus. Or, côté pneus, il y a une variable nouvelle : Hankook.
Le manufacturier coréen joue gros : il s’agit de son baptême du feu grec. Jusqu’ici, les gommes Dynapro se sont montrées « prometteuses » (terme poli pour « elles n’ont pas toutes explosé »), mais rien ne prépare vraiment à l’Acropolis. Les anciennes éditions ont transformé les pneus en confettis de kevlar, carbone et autres caoutchoucs. Hankook espère que ses ingénieurs n’ont pas conçu leur gomme dure avec du tofu compressé.
Les écuries : entre ambitions et désillusions mécaniques
Hyundai : un espoir de moins tout casser

Le constructeur coréen compte sur Tänak pour tenir plus de trois spéciales sans démolir un élément vital, et sur Neuville pour briller là où il a gagné en 2024. Mais rappelons que Hyundai reste la seule équipe capable de dominer une spéciale… puis exploser une boîte de vitesses en liaison.
Toyota : quand tu balayes, tu pries

Avec Evans en ouvreur, Ogier en semi-retraité et Rovanperä en mode “si ça passe, c’est beau”, Toyota joue la carte de la survie le vendredi, en espérant un revirement météo ou un tremblement de terre pour redistribuer l’ordre de départ. Ils ont la meilleure voiture avec 66 temps scratch signés depuis le kickoff 2025 contre 47 à Hyundaï (et 2 à Ford).
M-Sport : les grands oubliés
L’équipe Ford joue les figurants cette année, mais en Grèce, tout est possible. Même une victoire en spéciale ici ou là… si les pilotes devant explosent simultanément dans Tarzan. Ce qui, entre nous, n’est pas exclu.
Les spéciales : là où l’espoir vient mourir
- Tarzan : 28 km de violence gratuite à plus de 100m d’altitude. Des descentes à l’aveugle, des virages qui mentent, et des pierres planquées comme des mines antipersonnel.
- Loutraki : un piège pour amortisseurs.
- Karoutes : spéciale piège de moins de 20km où la poussière peut rester suspendue plus longtemps qu’une carrière chez M-Sport.
Ce qu’on attend : casse, rage et rebondissements

Ce rallye ne sera pas une épreuve de vitesse, mais une épreuve de sélection naturelle. Le vendredi décidera de beaucoup. Si Tänak ou Neuville prennent plus de 10 secondes d’avance sur chaque spéciale grâce à une route balayée, ce sera très compliqué pour les pilotes Toyota le samedi.
Et si les pneus Hankook craquent comme des feuilles de papier bulle au soleil, alors les stratèges devront inventer une nouvelle science : la gestion de la désintégration.
Conclusion : un vendredi pour survivre, un week-end pour espérer
Le Rallye de Grèce 2025 s’annonce comme une course d’endurance : il s’agit de la plus longue édition hellène avec 345,760km face au chrono, longue en kilométrage mais également en souffrances. Toyota nettoiera, Hyundai attaquera, Hankook priera. On ne sait pas qui gagnera, mais on sait déjà qu’aucun ingénieur ne dormira.
Et si Evans parvient à gagner en balayant les cailloux pour tout le monde, on lui offre une balayeuse municipale pour rentrer au Pays de Galles. Parce que franchement, ça relèverait du miracle.
Acropolis : là où les pneus fondent, les espoirs s’érodent, et les leaders se font balayer. Littéralement.
| Intitulé | Longueur | Local | Réunion | Vietnam |
| Jeudi 26 Juin | ||||
| ES1 Athens | 1,500km | 18h05 | 20h05 | 23h05 |
| Vendredi 27 Juin | ||||
| ES2 Aghii1 | 26,760km | 07h28 | 09h28 | 12h28 |
| ES3 Loutraki | 12,900km | 08h31 | 10h31 | 13h31 |
| ES4 Aghii2 | 26,760km | 10h28 | 12h28 | 15h28 |
| ES5 Thiva | 19,580km | 14h29 | 16h29 | 19h29 |
| ES6 Stiri | 24,180km | 16h50 | 18h50 | 21h50 |
| ES7 Elatia | 11,580km | 19h31 | 21h31 | 00h31(J+1) |
| Samedi 28 Juin | ||||
| ES8 Pavliani1 | 24,580km | 08h22 | 10h22 | 13h22 |
| ES9 Karoutes1 | 19,480km | 10h05 | 12h05 | 15h05 |
| ES10 Inohori1 | 17,660km | 11h32 | 13h32 | 16h32 |
| ES11 Pavliani2 | 24,580km | 15h22 | 17h22 | 20h22 |
| ES12 Karoutes2 | 19,480km | 17h05 | 19h05 | 22h05 |
| ES13 Inohori2 | 17,660km | 18h32 | 20h32 | 23h32 |
| Dimanche 29 Juin | ||||
| ES14 Smokovo1 | 26,160km | 08h03 | 10h03 | 13h03 |
| ES15 Tarzan1 | 23,370km | 09h05 | 11h05 | 14h05 |
| ES16 Smokovo2 | 26,160km | 12h32 | 14h32 | 17h32 |
| ES17 Tarzan2[PS] | 23,370km | 14h15 | 16h15 | 19h15 |