samedi, octobre 17, 2026
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Shangaï, un vrai circuit et un sprint…

Le grand barnum de la Formule 1 s’installe à Shanghai ce week-end pour la deuxième manche de 2025, et autant dire que ce circuit, né en 2004 sous les auspices d’un tracé en forme de gribouillis chinois – avec le premier virage emblématique en escargot, et une interminable ligne droite de 1,2 km – a une histoire aussi tortueuse que ses virages (total de 16: 9 à droite et 7 à gauche). Lewis Hamilton, le roi incontesté du coin, y a empilé six victoires (2008, 2011, 2014, 2015, 2017, 2019) comme d’autres collectionnent les défaites. Mais ne rêvons pas trop : après avoir joué les fantômes de 2020 à 2023 – merci, Covid, pour ce break forcé –, Shanghai a ressuscité l’an passé avec un Max Verstappen en mode bulldozer, collant 13 secondes et 7 dixièmes à Lando Norris et laissant Sergio Pérez ramasser les miettes six secondes derrière. Initialement relégué en fin de calendrier, le GP chinois a pris ses aises en début de saison dès 2009 (troisième course), avant de calquer 2017 cette année : deuxième rendez-vous après l’Australie. Pendant ce temps, Michael Schumacher ricane (on le souhaite) avec son record du tour en 1’32”238, gravé dans le marbre depuis 2004. Alors, qui pour détrôner ces légendes ce week-end ?

Et puis, il y a Zhou Guanyu, l’enfant prodigue de Shanghai, qui revient au bercail en rouge Ferrari – mais pas trop vite, hein, il est juste réserviste. À 25 ans, le voilà de retour là où tout a commencé, dans l’Academy Ferrari (2015-2018), après avoir gravi les échelons des Formule 4 et 3, puis s’être perdu dans le désert Sauber en 2024. “C’est un plaisir d’être chez Ferrari”, claironne-t-il à F1.com depuis la terrasse de l’hospitalité, sourire XXL et combinaison rouge sang – couleur porte-bonheur en Chine, parfait pour conjurer le sort d’une C44 calamiteuse l’an dernier. Avec Charles Leclerc et Lewis Hamilton comme mentors, il jure qu’il apprend des tonnes, même s’il doit se contenter de regarder depuis le banc de touche avec Antonio Giovinazzi. Fini les week-ends à traîner en fond de grille avec Valtteri Bottas : un huitième héroïque à Qatar n’a pas suffi à sauver son siège chez Sauber, promis à Audi en 2026. “2024 m’a vidé”, avoue-t-il, et on le croit : jouer les figurants dans une voiture asthmatique, ça use. Réserviste chez les Rouges ? Une bouffée d’oxygène et un rêve de gosse, en attendant un hypothétique retour sur la grille.

Passons à Lando Norris, qui débarque en conquérant après avoir dompté la pluie de Melbourne la semaine passée. Pole, victoire, et un Max Verstappen tenu en laisse : le Britannique de McLaren a tout raflé en Australie, mais ne lui parlez pas de triomphalisme. “La voiture reste une plaie à conduire”, pleurniche-t-il, déplorant une MCL39 qui refuse de danser à son rythme. “J’ai arrêté de demander ce que je veux, je prends ce qu’on me donne”, ajoute-t-il, fataliste. Quinze secondes d’avance à mi-course à Melbourne, réduites à néant par des Safety Cars capricieux : voilà qui résume son calvaire. À Shanghai, il espère “faire mieux”, mais redoute Ferrari et Red Bull, tapis dans l’ombre. “Quand tout est parfait, on a l’avantage”, concède-t-il, mais entre une entrée en virage mollassonne et une imprévisibilité digne d’une roulette russe, Norris jongle avec une McLaren aussi caractérielle qu’une diva. “C’est mon job de dompter ce truc”, soupire-t-il, oubliant presque qu’il a transformé cette bête rétive en arme fatale sous le déluge australien. Reste à voir s’il rééditera l’exploit sur un bitume chinois moins trempé.

Après le chaos aquatique de Melbourne, Shanghai s’annonce sous un soleil insolent – un luxe pour un paddock encore sous le choc. Norris y a brillé, mais Oscar Piastri, héros local en Australie, s’est vautré dans l’herbe mouillée, terminant neuvième après avoir caressé la victoire. “Un gâchis”, dira-t-on, pendant que la foule d’Albert Park applaudissait son retour piteux en piste. McLaren a montré ses muscles, humide ou sec, mais Ferrari ? Une catastrophe : Leclerc et Hamilton, huitième et dixième, ont regardé les podiums de loin, handicapés par une qualif ratée et une voiture qui semble encore en rodage. “Il y a du potentiel”, jurent-ils (bien conscients que chez les tifosi il est formellement interdit de remettre en cause la qualité des voitures au cheval cabré), mais Shanghai sera leur premier vrai test post-Melbourne. Les rookies, eux, veulent oublier leur festival de gamelles australien : Isack Hadjar planté dès le tour de chauffe, Jack Doohan et consorts éparpillés dans les graviers… Même Kimi Antonelli, quatrième après une remontée épique, doit effacer une qualif bancale. Avec un format Sprint et une seule séance d’essais pour se mettre en jambes, ce week-end promet d’être aussi serré qu’un plat de nouilles instantanées. Ajoutez le retour de la F1 Academy, et voilà un menu copieux pour les fans – ou un indigeste bordel, selon le point de vue.

Alors, qui pour régner sur Shanghai ? Hamilton, pour un septième couronnement local ? Verstappen, pour rappeler qu’il est le patron des lieux depuis l’an passé ? Ou Norris, pour prouver que sa McLaren lunatique peut encore faire des étincelles ? Le soleil chinois risque de chauffer les têtes, et pas que les pneus. Réponse dimanche, mais sans pluie pour corser l’affaire, on pourrait presque s’ennuyer. Presque…

IntituléDuréeLocalRéunionEuropeVietnam
Vendredi 21 Mars
FP160′11h3007h3004h3010h30
Qualifs sprint45′15h3011h3008h3014h30
Samedi 22 Mars
Sprint Race19 tours11h0007h0004h0010h00
Qualifs60′15h0011h0008h0014h00
Dimanche 23 Mars
Race56 tours15h0011h0008h0014h00
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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