vendredi, octobre 9, 2026
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Škoda Fabia RS Rally2 évolue encore…

La Škoda Fabia RS Rally2, cette petite Tchèque qui a fait trembler les spéciales du monde entier, vient de passer sur le billard pour une énième cure de jouvence. Avec plus de 1 800 départs et 600 podiums depuis son lancement en 2022, la dernière née à date: la RS Evo2, on pourrait penser qu’elle a gagné le droit de se reposer sur ses lauriers. Que nenni ! Chez Škoda Motorsport, on préfère lui coller un “Packet 25” sous le capot, histoire de lui redonner un coup de fouet. Parce que, soyons honnêtes, la concurrence – Citroën C3 Rally2 et Toyota Yaris Rally2 en tête – commence à montrer les dents, et pas qu’un peu.

Škoda Fabia R5 (2015)

Depuis que la catégorie Rally2 (ex-R5, pour les nostalgiques) a vu le jour en 2015, Škoda Motorsport s’est autoproclamé roi de la jungle. Plus de 25 000 départs et 7 000 podiums avec leurs bolides, ça commence à ressembler à une dictature mécanique. La Fabia RS Rally2, dernière-née de cette dynastie tchèque, n’a pas dérogé à la règle : homologuée le 1er septembre 2022, elle a déjà conquis des titres mondiaux, régionaux et nationaux. Mais visiblement, écraser tout le monde ne suffisait pas à Michal Hrabánek, grand manitou de Škoda Motorsport. “Travailler sur une voiture à succès, c’est un job sans fin“, nous dit-il, la larme à l’œil et la clé à molette en main. Résultat : “Packet 25”, un concentré de perfectionnisme qui sent l’huile chaude et l’ego surdimensionné.

“Packet 25”, ça sonne comme un mauvais nom de code pour un gadget discount, mais c’est en réalité une ribambelle d’améliorations censées maintenir la Fabia au sommet. Le clou du spectacle ? Un nouvel échappement optimisé qui réduit de 27 % l’énergie gaspillée à jouer les échangeurs gazeux. Résultat : plus de puissance, un bruit d’enfer et une consommation d’essence qui ne fait plus passer les équipes pour des écolos en herbe. Ajoutez à ça des suspensions revues pour encaisser les cailloux comme des champions, des sièges allégés pour faire baisser le centre de gravité (et accessoirement le budget kiné des pilotes). Allégés de 2 kg chacun, ils abaissent le centre de gravité, parce que chaque gramme compte quand on frôle les ravins à 150 km/h, et une aération de toit qui ne transforme plus l’habitacle en sauna aquatique. Bravo, Škoda, il était temps.

Traduction pour les non-ingénieurs : ça va plus vite, ça cogne plus fort, et ça fait un bruit qui vous arrache les tympans – de quoi réveiller les spectateurs endormis au bord des spéciales. Ajoutez un logiciel de gestion moteur revu et corrigé, et vous obtenez une puissance qui doit faire rougir les concurrents. On imagine les ingénieurs de chez Škoda, un café à la main, ricanant : “Et si on leur mettait encore 10 chevaux sous le capot, juste pour le plaisir ?” La protection des trains arrière a été renforcée, histoire que les cardans, freins et durites ne finissent pas en charpie après trois virages mal négociés. Et les joints uniball ? Une durée de vie prolongée qui va faire pleurer de joie les comptables des équipes clientes. Moins de maintenance, moins de frais : on dirait presque un cadeau de Noël, mais sans le papier brillant.

Mais ne nous voilons pas la face : ce n’est pas par pure philanthropie que Mladá Boleslav sort l’artillerie lourde. Avec Citroën qui peaufine sa C3 Rally2 et Toyota qui aligne les Yaris comme des samouraïs prêts à en découdre, la Fabia n’a plus le luxe de roupiller sur ses 150 unités vendues. Michal Hrabánek, grand manitou de Škoda Motorsport, le dit lui-même : “Le boulot sur une bagnole de rallye, ça s’arrête jamais.” Traduction : si on ne bouge pas, on se fait bouffer tout cru.

Alors, oui, “Packet 25” (rétrofittable sur les modèles existants) a été testé sur 4 000 km par douze pilotes différents – un vrai défilé de stars du gravier – et homologué par la FIA. Mais face à des rivales affamées, ce lifting ressemble plus à une opération survie qu’à une révolution. La Fabia RS Rally2 reste une bête de course, certes, mais elle va devoir cravacher pour ne pas finir reléguée au rang de souvenir tchèque sympathique. Allez, Škoda, fais-nous vibrer, ou c’est Citroën qui va continuer à rigoler sur asphalte (et notamment en France) et Toyota qui va rire la dernière !

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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