samedi, octobre 17, 2026
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SMX, un show au scénario … évolutif !

Le SuperMotocross a ceci de pratique qu’il permet de réunir deux disciplines qui fonctionnaient déjà très bien séparément (AMA Supercross et AMA Motocross) et d’ajouter des playoffs, de modifier progressivement la valeur des points et d’organiser une finale où ils compteront triple. Pourquoi faire simple ?

Le SMX assume sa vocation : prolonger le spectacle après les championnats de Supercross et de Motocross et maintenir une histoire ouverte jusqu’à la finale. Seulement voilà : une fois le casque attaché, le pilote se moque assez royalement du département marketing. Il redevient essentiellement un prédateur à points. Et Los Angeles nous en a offert une jolie démonstration.

Prado gagne sans gagner

À Columbus, Haiden Deegan avait facilité les comptes : 1-1, deux victoires et l’overall. Jorge Prado terminait troisième avec 3-4. À Los Angeles, Hunter Lawrence commence par signer le meilleur chrono des qualifications devant Prado et Deegan. Puis Roczen gagne la première manche. Lawrence gagne la seconde. Et Prado gagne Los Angeles.

Bienvenue en SMX.

Haiden Deegan Carson LA

Avec deux deuxièmes places, l’Espagnol signe 2-2 et emporte l’overall devant Lawrence, 4-1, et Roczen, 1-4. Deegan, monsieur 1-1 une semaine plus tôt, fait cette fois 3-3 et termine quatrième.  Prado n’a donc gagné aucune course. Il n’a simplement laissé aucun trou dans sa journée. Et cela rapporte gros : il prend la tête des playoffs avec 92 points, devant Deegan et Lawrence, 76, Roczen, 74, et Webb, 72. Vingt points couvrent encore les cinq premiers avant une finale où les points seront multipliés par trois. 

Parce qu’à ce stade, autant terminer le pot de confiture.

Kitchen change de recette

En 250, Levi Kitchen avait gagné Columbus sans remporter une seule manche : deux P2 et l’overall dans la poche. Los Angeles change la géométrie. Julien Beaumer signe d’abord le meilleur chrono des qualifications puis transforme l’essai : 1-3 et victoire overall. Ryder DiFrancesco fait 2-5. Kitchen, lui, abandonne toute symétrie avec 7-1 : troisième du rendez-vous, mais toujours leader du championnat. Et désormais de très peu : Kitchen possède 87 points contre 84 à DiFrancesco. Beaumer revient à 71. Là encore, gagner une manche ne suffit pas nécessairement à gagner la journée. L’overall récompense celui qui réussit à assembler ses deux morceaux.

Davies : cette fois, nous savons pourquoi

À Columbus, Cole Davies, le tout récent champion MX250 avait produit un spectaculaire 22-1. À Los Angeles, la feuille affiche 4-22. La tentation était belle d’y voir une étrange spécialité maison. L’explication est beaucoup plus terrestre : Davies chute dans les deux manches.Dans la première, il parvient malgré tout à sauver une quatrième place. Dans la seconde, une nouvelle chute met cette fois fin à sa course. P22 et P14 overall. Il est P7 du championnat, 34 points derrière Kitchen. 

Ce qui change complètement la lecture : Davies ne manque pas de vitesse. Il avait d’ailleurs signé le sixième chrono des qualifications. Pour l’instant, c’est surtout la conversion de cette vitesse en points qui lui coûte très cher. À l’inverse, Jo Shimoda répond plutôt bien à son médiocre Columbus. Après 12-13 une semaine auparavant, il signe le troisième chrono puis 6-2 pour terminer quatrième overall.

Le spectacle est fabriqué. La course, beaucoup moins.

C’est probablement là que le SMX trouve son intérêt. Son architecture répond clairement à une logique d’entertainment : playoffs courts, coefficients croissants et finale à points triples. Tout est conçu pour empêcher le rideau de tomber trop tôt. On peut sourire du procédé. Nous ne nous en priverons pas.

Mais derrière la grille, Prado ne roule pas pour valoriser le produit SMX. Kitchen ne pense pas au suspense télévisuel. Davies ne chute certainement pas pour enrichir le scénario. Ils voient une place. Ils voient des points. Ils attaquent. Et voilà peut-être le paradoxe le plus amusant de cette jeune série : elle fabrique les conditions du spectacle, puis confie les motos à des pilotes dont l’unique préoccupation est de détruire le scénario des autres.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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