Trois semaines. Il aura fallu trois longues semaines sans bruit de MX mondial, sans holeshots furieux ni drapeaux agités, pour que les gladiateurs de la planète MXGP sortent de leur torpeur post-Matterley Basin. Et pour leur retour sur la scène mondiale ? Direction la Finlande, bien entendu. Où ailleurs voudriez-vous planter vos crampons que dans un champ sablonneux coincé entre des pins, à 140 km au nord-est d’Helsinki, sur un circuit tout neuf, tout propre, et… surtout, terriblement insipide : le KymiRing.
Le Grand Nord a ses raisons
Les communiqués officiels s’enflamment : “ALL ROADS HEAD NORTH”, clament-ils, comme si les pilotes prenaient d’assaut le Valhalla. En réalité, c’est plutôt un crochet logistique vers l’oubli. Le KymiRing est la dixième piste finlandaise à accueillir un Grand Prix mondial de motocross depuis 1962, mais certainement pas la plus mémorable. Ce qui est étonnant, vu qu’on parle d’un site flambant neuf censé “incorporer le relief naturel sablonneux” — entendez par là : creuser quelques cuvettes dans un bac à litière géant et tracer des virages à la pelleteuse.

Le circuit, intégré à un complexe automobile pensé pour accueillir du MotoGP et d’autres séries internationales à 4 roues (qui ne sont jamais venu), s’est recyclé en terrain de jeu pour motocross. Il s’agit surtout d’une tentative de justifier des investissements massifs, de sauver l’infrastructure d’un naufrage commercial et de rendre la chose vaguement rentable. “Nouveau propriétaire”, “grands événements internationaux”, “territoire passionné de sport mécanique”, nous dit-on. Traduction : “On a construit un truc en 2019, ça a coûté une blinde, il faut vite y mettre des motos.”
Du sable, des chiffres et des regrets
Sur le papier, c’est vendeur. Le sol est sablonneux, donc Lucas Coenen devrait s’y sentir comme un vilebrequin dans l’huile. Romain Febvre, fort de sa victoire à Matterley, arrive en leader solide, avec 32 points d’avance. Glenn Coldenhoff sur sa Fantic a retrouvé des couleurs britanniques et pourrait se découvrir une passion nordique. Mais tout ça, c’est sur le papier.

Car sur le terrain, KymiRing MX est une caricature de circuit. Un grip aléatoire, des ornières mal formées, un tracé sans rythme ni identité, comme si on avait demandé à une IA d’imaginer “un circuit de motocross générique”. Les sauts ? Dignes d’un championnat scolaire. L’intensité ? À peine suffisante pour réveiller un fan de side-car cross en hibernation.
Les pilotes, eux, gardent leur langue dans leur casque. Mais les regards parlent : c’est un GP à cocher, pas à savourer. On vient, on score, on repart. On laissera aux communicants le soin d’inventer des superlatifs à coller sur cette piste aseptisée. Nous, on préfère parler vrai : c’est plat, sans âme, et c’est surtout là pour faire joli dans le calendrier.
La chasse aux points reprend

Romain Febvre garde les rênes du championnat, mais Lucas Coenen ne lâche rien. Cinq deuxièmes places d’affilée, ça commence à chauffer sous le casque du Belge. Glenn Coldenhoff, lui, sent que le podium est jouable, surtout sur le sable. Quant à Ruben Fernandez, il ronge son frein à la quatrième place et guette la moindre faiblesse des hommes devant.

Derrière, c’est l’infirmerie qui aligne les noms : Renaux, Herlings, Gajser — tous absents ou convalescents. Les remplaçants, eux, se battent plus contre la poussière du circuit que pour des points.

En MX2, c’est Simon Längenfelder qui caracole en tête. Un 60 parfait à Matterley l’a catapulté avec 52 points d’avance sur Adamo, lequel reste le dernier vainqueur en Finlande, version Vantaa. Kay de Wolf, en mode “je vais bien mais je tombe souvent”, est à 18 points derrière. On attend toujours de le voir dominer sur le sable comme à ses belles heures. Et puis il y a les Coenen (encore), Benistant, Everts, McLellan… Un joyeux bazar de talents frustrés et d’espoirs en rodage.
Côté local, Kasimir Hindersson tentera de sauver l’honneur national. Un rookie à domicile, c’est toujours mignon. Jere Haavisto a scoré un petit point cette saison, donc l’ambition collective finlandaise tiendra plus de la balade qu’autre chose. Heureusement, quelques Scandinaves de rechange (Gifting, Horgmo, Talviku…) viendront grossir les rangs nordiques.
Un GP qui ne restera pas dans les annales (sauf pour les blondes)

Alors bien sûr, les plus optimistes diront que “c’est une première, la piste va évoluer, et l’important c’est le spectacle”. Mais soyons lucides : le KymiRing est à la motocross ce que la cuisine moléculaire est à un barbecue texan. Trop propre, trop pensé, pas assez vivant.
Mais le cirque mondial du MXGP est là. Les points sont là. Les caméras sont là. Et tant pis si le décor est fade, tant qu’il y a une grille de départ, des cliquetis d’embrayage, et qu’un pilote lèvera le poing au drapeau à damiers.
Le KymiRing ? C’est le genre d’endroit qu’on oublie avant même d’avoir quitté le paddock. Mais pendant un week-end, il sera le centre du monde motocross. Alors à défaut de vibrer, on fera semblant. Après tout, même les vikings savaient que parfois, il fallait aller piller un village sans intérêt. Rien que pour la gloire.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Samedi 12 Juillet | |||||
| MX2 FP | 25′ | 10h30 | 11h30 | 09h30 | 14h30 |
| MXGP FP | 25′ | 11h00 | 12h00 | 10h00 | 15h00 |
| MX2 TP | 30′ | 13h40 | 14h40 | 12h40 | 17h40 |
| MXGP TP | 30′ | 14h15 | 15h15 | 13h15 | 18h15 |
| MX2 QualiR | 20’+2tours | 16h35 | 17h35 | 15h35 | 20h35 |
| MXGP QualiR | 20’+2tours | 17h25 | 18h25 | 16h25 | 21h25 |
| Dimanche 13 Juillet | |||||
| MX2 WU | 15′ | 10h25 | 11h25 | 09h25 | 14h25 |
| MXGP WU | 15′ | 10h45 | 11h45 | 09h45 | 14h45 |
| MX2 R1 | 30’+2tours | 13h15 | 14h15 | 12h115 | 17h15 |
| MXGP R1 | 30’+2tours | 14h15 | 15h15 | 13h15 | 18h15 |
| MX2 R2 | 30’+2tours | 16h10 | 17h10 | 15h10 | 20h10 |
| MXGP R2 | 30’+2tours | 17h10 | 18h10 | 16h10 | 21h10 |