Bienvenue au Thermal Club, ce petit coin de paradis pour millionnaires situé au pied des montagnes Santa Rosa, où l’aridité du désert n’a d’égal que l’ambition des pilotes IndyCar qui s’y affrontent ce week-end. Après une exhibition l’an dernier qui ressemblait plus à une balade dominicale qu’à une vraie course, la série NTT IndyCar revient sur le tracé Twin Palms – 3,067 miles (4,820km), 17 virages, des courbes rapides, des épingles serrées et des lignes droites où même les pneus Firestone risquent de rendre l’âme avant la fin. Cette fois, pas de demi-mesure : on passe d’un format bizarre avec des sprints de 10 tours et des arrêts théâtraux à une vraie course de 65 tours, flat out, avec un peloton complet.

L’an dernier, le “$1 Million Challenge” était une curiosité : deux courses qualificatives de 10 tours, suivies d’une finale de 20 tours avec pause au milieu pour boire un thé et changer les gommes. Certains pilotes, comme Colton Herta ont joué les stratèges en roulant au ralenti pendant la première moitié pour mieux surgir ensuite – Herta a fini quatrième après avoir traîné à 90 secondes du rythme initial. Malin, mais inutile cette année : avec 65 tours à fond, personne ne pourra se permettre de faire du tourisme. Les pneus vont hurler, les pilotes vont suer, et les ingénieurs vont prier pour que leurs calculs tiennent la route. Parce que, soyons honnêtes, personne ne sait vraiment à quoi s’attendre sur ce circuit où l’on n’a jamais dépassé 10 tours consécutifs à pleine vitesse.
Parlons-en, des pneus. Firestone, dans un élan de générosité ou de panique, a modifié son composé principal pour qu’il résiste un peu mieux au massacre annoncé. Les équipes ont droit à six jeux de pneus primaires contre quatre d’alternatifs – un ratio qui trahit l’angoisse ambiante. Avec un tracé aussi physique, des virages en enfilade et peu de répit sur les courtes lignes droites, les pilotes vont devoir jongler entre carburant et gommes comme des funambules sous un soleil de plomb. Alex Palou et Scott Dixon, experts en gestion, partent favoris. Palou a dominé l’an dernier, gagnant avec presque six secondes d’avance sur Scott McLaughlin. Mais 10 tours, c’est une chose ; 65, c’en est une autre. Et avec des températures qui grimpent, le “physique” du circuit risque de transformer les cockpits en saunas roulants.
Le manque de données, voilà le vrai drame. Thermal, c’est l’énigme du calendrier IndyCar. Quelques tests en 2023 et 2024, une course bidon l’an dernier, et une session en janvier avec seulement six voitures – trois Andretti, deux PREMA et le rookie Jacob Abel. Six pilotes n’ont jamais roulé ici en IndyCar, et sept autres ont changé d’équipe depuis l’an dernier. PREMA, le petit nouveau, a au moins l’avantage d’avoir testé sur place, mais pour le reste, c’est le flou artistique. Les écuries vont devoir improviser, et ça promet des surprises – ou des catastrophes, selon votre degré d’optimisme.

Côté favoris, pas de révolution : Palou, Dixon, Josef Newgarden et McLaughlin, les cadors de St. Petersburg, sont en tête des pronostics. Palou a tout écrasé l’an dernier, mais Dixon s’est ridiculisé dès le premier virage en jouant aux autos tamponneuses avec Romain Grosjean, envoyant trois voitures dans le décor et terminant 12e. Newgarden, lui, a atteint la finale mais a fini huitième, ce qui est à peu près aussi mémorable qu’un sandwich sans sauce. Herta, Felix Rosenqvist et Marcus Ericsson pourraient aussi tirer leur épingle du jeu. Rosenqvist a fini troisième l’an dernier, Herta quatrième, et Ericsson a signé des chronos prometteurs en test.
Et puis, il y a les outsiders. Rahal Letterman avait placé ses trois pilotes en finale l’an dernier, mais entre un accrochage pour Christian Lundgaard, une erreur de ravitaillement pour Pietro Fittipaldi et une panne pour Graham Rahal, ça sentait le gâchis. Marcus Armstrong, cinquième en 2024 avec Ganassi, pourrait briller avec Meyer Shank grâce à leur alliance technique. Alexander Rossi et Agustin Canapino (10e l’an dernier) sont aussi à surveiller, même si leurs équipes actuelles ne respirent pas la sérénité.
Bref, le Thermal IndyCar Grand Prix, c’est un cocktail explosif : un tracé exigeant, des pneus au bord de la crise de nerfs, des pilotes à bout de souffle et des stratégies dans le brouillard. Ça va être un carnage délicieux à regarder – ou un fiasco monumental. Rendez-vous dimanche pour compter les survivants.
| Intitulé | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Vendredi 21 Mars | ||||
| FP1 | 18h30 | 05h30(J+1) | 02h30(J+1) | 08h30(J+1) |
| Samedi 22 Mars | ||||
| FP2 | 13h00 | 00h00(J+1) | 21h00 | 03h00(J+1) |
| Qualifs | 17h00 | 03h00(J+1) | 00h00(J+1) | 06h00(J+1) |
| Dimanche 23 Mars | ||||
| Warmup | 11h00 | 22h00 | 19h00 | 01h00(J+1) |
| Course | 15h00 | 02h00(J+1) | 23h00 | 05h00(J+1) |