Bienvenue à Thunder Valley, alias Thunder Carnage. Sous le soleil du Colorado, un défilé de gravier, de chutes et de souffrance. Après une semaine de pluie digne d’un western humidifié, le circuit de Lakewood s’est transformé en théâtre de la bouse dorée. Une piste sèche, piégeuse, qui broie les âmes, les mécaniques… et les ambitions des pilotes qui osent s’y aventurer.
Jett Lawrence, l’ouragan australien
Commençons par l’incontournable—Jett Lawrence, alias “la tornade en casquette Honda”. Le résumé ? Deux victoires, deux manches dominées, total net de 50 points, et une avance de 25 points au championnat . Le tout dans un style propre, clinique, presque blasé. Il pleuvait des pilotes autour de lui, mais Jett, lui, glissait sur le sable avec la grâce d’un sniper. Quand NBC évoque son mental d’acier, ce n’est pas de la poésie : c’est un constat. Même quand il part 6e, il remonte, place les attaques au bon moment, survit aux batailles et termine invaincu . En voyant ses adversaires improviser des figures improbables, on se demande si tout ça, c’est du MX ou du spectacle scénario à la gloire retrouvée de l’aussie.
Eli Tomac & Aaron Plessinger : les ombres du boss

Derrière l’Australien, le match pour la 2e place a été un peu plus… musical. Eli Tomac a ramassé une 3-2 pour s’imposer comme le dauphin du weekend . Jolies attaques, cadence soutenue, mais une erreur à mi-course dans la deuxième course suffisait à ruiner sa remontée. Et puis il y a Aaron Plessinger : 2-5, 3e général. Le mec a dû résoudre l’équation : “Comment faire un podium sans accrocher Jett ?”. Verdict : un seul moteur, deux pneus corrects, et un miracle technique pour grappiller quelques points.
Hunter & Justin Cooper : discrets mais blessés

Hunter Lawrence ? Il s’est contenté d’un 4-4 ce weekend—comme un mec qui fait du vélo tranquille, sans trop forcer, histoire d’être classé, mais sans jamais inquiéter qui que ce soit. Quant à Justin Cooper, pole man en qualif, il finit 5e général. Soit un joli bouquet final… d’oubli. Il brille en essai, mais s’éteint en course. Entre eux, on ne sait plus si la 450MX est un championnat ou un remake de La Guerre des Étoiles avec deux Jedi inactifs.
| Pos | Moto | Pilote | R1 | R2 | Total |
| 1 | ![]() | JETT LAWRENCE | 1 | 1 | 50 |
| 2 | ![]() | ELI TOMAC | 3 | 2 | 42 |
| 3 | ![]() | AARON PLESSINGER | 2 | 5 | 39 |
| 4 | ![]() | JUSTIN COOPER | 5 | 3 | 37 |
| 5 | ![]() | HUNTER LAWRENCE | 4 | 4 | 36 |
| 6 | ![]() | COOPER WEBB | 7 | 6 | 31 |
| 7 | ![]() | R.J. HAMPSHIRE | 6 | 7 | 31 |
| 8 | ![]() | MALCOLM STEWART | 10 | 10 | 24 |
| 9 | ![]() | VALENTIN GUILLOD | 14 | 8 | 22 |
| 10 | ![]() | JOEY SAVATGY | 9 | 16 | 19 |
Les tours de chauffe des 250 : Hymas vs Deegan
250cc ? Caïd central. Chance Hymas (Honda) fait le gros coup : 1-1 dans les deux courses, écrase la concurrence, et renvoie Haiden Deegan (Yamaha) à un 2-2. Résultat : premier podium clean sweep de sa carrière à Lakewood, et un mojo qui sent bon la power-band . Deegan, quant à lui, se bat bravement, supporte une bécane qui surchauffe comme un rallye un jour d’août en Sardaigne, mais décroche quand même un score solide. Derrière eux, Levi Kitchen se glisse dans un discret 8-3 pour une 3e place globale.
| Pos | Moto | Pilote | R1 | R2 | Total |
| 1 | ![]() | CHANCE HYMAS | 1 | 1 | 50 |
| 2 | ![]() | HAIDEN DEEGAN | 2 | 2 | 44 |
| 3 | ![]() | LEVI KITCHEN | 8 | 3 | 34 |
| 4 | ![]() | TOM VIALLE | 6 | 5 | 33 |
| 5 | ![]() | JO SHIMODA | 9 | 4 | 31 |
| 6 | ![]() | CASEY COCHRAN | 13 | 6 | 25 |
| 7 | ![]() | DILAN SCHWARTZ | 10 | 9 | 25 |
| 8 | ![]() | MIKKEL HAARUP | 7 | 12 | 25 |
| 9 | ![]() | TY MASTERPOOL | 4 | 15 | 25 |
| 10 | ![]() | MAXIMUS VOHLAND | 12 | 8 | 24 |
Le circuit, ce sale bâtard

Parlons-en, de Thunder Valley : on nous annonce un “track”, on découvre un champ de mines sec, creusé au bulldozer. Mélanger un terrain de pétanque au Sahara, ajouter un soupçon de montagne russe, secouer fort, servir brûlant. La matinée était “DEEP” et le choix de pneus devenait un tirage au sort . Le paddock ne sait plus s’il prépare pour Paris-Dakar ou une descente infernale.
Les pilotes glissent tel des manchots motorisés, la poussière monte, masquer le paysage devient mission impossible. Tomac reste “inconstant”, selon les analystes , et on frôle la comédie : essais géniaux, manches catastrophiques. Bref, Thunder Valley est un filtre à pitres et à champions.
Le cirque de Lakewood
Entre les pauses publicitaires à rallonge, les plateformes sponsorisées qui te vendent un abonnement et te rappellent qu’on t’a déjà ballotté entre deux crêtes de sable, on finit par oublier qui court vraiment. NBC l’a signalé, les fans en ont ras-le-bol des pubs en pleine moto . Oui, on est dans le spectacle, mais faut pas déconner : si la discipline ne vend pas un pilote, on va finir avec un feu d’artifice Netflix.
Ce qu’il faut en retenir
LOOSING: la discipline est de prestige, mais risque de sombrer entre des pistes aléatoires, une météo lunaire et un show massifié qui transforme les pilotes en coquecigrues sponsorisées.

WINNING: si tu veux rester dans la légende, faut s’appeler Jett Lawrence et avoir un rythme lunaire. Une exception.
Pour nos héros du sable, la prochaine halte, c’est High Point, une autre dune de poudre. Pour les autres, faudra montrer un peu d’envie avant de sembler sérieux. À moins d’un nouveau miracle ou d’un passage chez l’ostéo. Toujours court, toujours dur, always MX.
En bref, Thunder Valley ? Un médicament increvable en termes d’adrénaline, mais avec un arrière-goût de sable dans les yeux et de sponsors dans les oreilles. Le “véritable” championnat du monde peut-être fier… de savoir qui domine…en tous cas pas les ex champions du MXGP !






