Accrochez vos combinaisons en cuir et sortez les casques, le MotoGP revient en Europe. Après un début de saison outre mer (Thailande, Argentine, USA, Qatar), le paddock pose enfin ses valises en terrain européen : Jerez, haut lieu de la combustion interne, du public en furie, et des virages où l’on freine avec les dents.
Mais attention, si le circuit andalou fête bientôt ses 40 ans, il n’a rien perdu de son mordant. Il reste ce genre d’endroit où les trajectoires s’écrivent à la sueur du poignet et où les dépassements ne se font pas à coups de DRS, mais à l’ancienne : sur les freins, avec un regard noir et les coudes en travers. Bref, du vrai, du dur, du MotoGP comme on l’aime (ou qu’on redoute, selon qu’on s’appelle Marc Márquez ou qu’on pilote une Honda).
Un circuit taillé à la serpe et une vitesse de pointe d’escargot sous Red Bull

Jerez, c’est 13 virages (8 à droite, 5 à gauche), deux lignes droites qui n’auraient pas de quoi effrayer un cycliste asthmatique, et une vitesse de pointe qui plafonne à 300,8 km/h — un record vieux de trois ans signé Zarco, preuve que les pointes de vitesse ici, c’est comme les mojitos sans rhum : on en parle, mais on n’en boit pas. On y gagne à l’usure, pas à la cavalerie.
Là où d’autres circuits se livrent à la surenchère de longues lignes droites à faire pâlir un avion de chasse, Jerez impose une épreuve de style. L’important n’est pas de hurler dans la ligne droite mais de saigner du frein au T1 et T6. Ici, les champions ne sont pas ceux qui vont vite, mais ceux qui savent quand ralentir avec panache.
Jorge Martin : le champion de l’infirmerie

Pendant ce temps, Jorge Martin, le champion du monde en titre, n’alignera pas la moindre trajectoire. La faute à une envolée artistique (mais peu académique) au Qatar qui l’a laissé avec les côtes en dentelle et un pneumothorax digne d’un crash-test. Après des jours à méditer la fragilité de l’existence entre deux électrocardiogrammes à Doha, il a enfin été relâché… mais pas pour monter sur une moto.
Martin a remercié ses fans sur Instagram dans un post qui aurait pu être signé Paulo Coelho version paddock : “Je suis toujours en douleur, mais tout est sous contrôle.” Un résumé parfait de sa saison jusqu’ici : douloureuse, contrôlée… et sans points. C’est donc Lorenzo Savadori, le brave soldat Aprilia, qui reprendra le guidon à Jerez, histoire d’assurer l’intérim avec une ambition mesurée : ne pas finir dans le bac à graviers au premier tour.
Les Japonais sortent de leur torpeur (enfin, presque)

Pendant ce temps, miracle de printemps, Honda et Yamaha ont montré quelques signes d’activité cérébrale. Les deux géants japonais, qu’on croyait définitivement englués dans une ère de déréliction technique, ont profité de leurs “concessions” pour s’offrir deux jours de test privé à Valence.
Au menu : des vieux briscards en mode crash-test dummy (Stefan Bradl pour Honda, Cal Crutchlow pour Yamaha), un Aleix Espargaró qui dépanne tout le monde comme un joueur de Ligue 1 en pré-retraite, et une rumeur persistante de moteur V4 chez Yamaha — qui, si elle se confirme, signerait un virage technologique aussi inattendu qu’un bon départ de Fabio Quartararo. Quoique, le niçois progresse dans tous les domaines…
Reste à savoir si tout cela donnera autre chose qu’un podium en carton-pâte. Honda peut se vanter de la quatrième place de Zarco au Qatar, mais on rappelle que c’était une course où la moitié du plateau roulait sous perfusion. Quant à Quartararo, il a certes signé une jolie septième place… mais sans illusion : c’est un peu comme si on applaudissait un plongeur olympique pour un plat réussi.
Bagnaia, le patron à dompter (si Ducati ne l’envoie pas dans le décor)

L’an dernier à Jerez, Pecco Bagnaia a régné en maître : pole, victoire, et un meilleur tour en course claqué comme une gifle dans un open space. Ce week-end, il revient pour confirmer qu’il est toujours l’homme à battre à Jerez malgré les assauts permanents et incessants de DEUX Marquez. Un c’était déjà difficile à gérer, mais deux ! Ducati semble toujours aussi rapide, mais aussi imprévisible qu’un pigeon dans une cathédrale. Entre chutes, relations croisées au sein du même box, et caprices techniques, rien n’est jamais simple dans l’écurie rouge. Pour ajouter aux incertitudes métaphysiques chez les rouges (et bleu clair!) les frangins Marquez poursuivent leur tournée de démonstration…
Derrière, c’est la foire d’empoigne

Brad Binder rêve de transformer sa KTM en machine à podiums sans devoir commettre un attentat à chaque freinage. Aleix Espargaró, le vétéran tatoué, continue d’y croire malgré les années qui passent et les carénages qui volent. Enea Bastianini essaie de ne pas être le “Pecco du pauvre”.
Le verdict ?
Le Grand Prix d’Espagne s’annonce chaud comme l’asphalte d’Andalousie. On y attend du drame, des dépassements au chausse-pied, et probablement quelques envolées lyriques dans les graviers. Martin sera absent, les Japonais seront peut-être dans le coup, et Bagnaia aura tout à perdre. Le reste ? Marquez ou Marquez ! Un joyeux chaos comme on les aime, avec juste assez de suspense pour se rappeler pourquoi, malgré tout, on adore ce foutu MotoGP.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Vietnam |
| Vendredi 25 Avril | ||||
| FP1 | 45′ | 10h45 | 12h45 | 15h45 |
| FP | 60′ | 15h00 | 17h00 | 20h00 |
| Samedi 26 Avril | ||||
| FP2 | 30′ | 10h10 | 12h10 | 15h10 |
| Qualifs | 40′ | 10h50 | 12h50 | 15h50 |
| Sprint race | 12 tours | 15h00 | 17h00 | 20h00 |
| Dimanche 27 Avril | ||||
| Warmup | 10′ | 09h40 | 11h40 | 14h40 |
| Course | 25 tours | 14h00 | 16h00 | 19h00 |