Il fallait bien deux séances d’essais libres pour obtenir une première certitude à Fuji : tout le monde va très vite. Toyota le matin, Alpine l’après-midi. Cadillac et Ferrari dans le coup en FP1, Aston Martin et Genesis aux premières loges en FP2. À ce rythme-là, avec une troisième séance samedi matin, il devrait rester suffisamment de temps pour placer Peugeot en tête et déclarer officiellement les onze Hypercars favorites pour dimanche. Bienvenue dans le WEC.
Toyota à 10 heures, Alpine à 15 heures

Les FP1 avaient pourtant livré une histoire assez confortable. Sur son circuit domestique, Toyota plaçait immédiatement la #8 au sommet de la feuille, devant une Cadillac, une Ferrari et l’autre Cadillac. Alpine apparaissait déjà en embuscade avec la #36 au cinquième rang. Quelques heures plus tard, prenez cette feuille, pliez-la soigneusement et rangez-la dans un tiroir. Victor Martins installe l’Alpine #36 en tête des FP2. L’Aston Martin #007 vient échouer à 39 millièmes, la seconde Alpine prend la troisième place et les deux Genesis s’installent juste derrière. Alpine, Aston Martin et Genesis occupent ainsi les six premières positions. Pendant ce temps, la Toyota #8, référence absolue du matin, est descendue au huitième rang. Elle n’a évidemment pas perdu son moteur pendant la pause déjeuner.
Le classement qui classe surtout les programmes
C’est précisément là que le vendredi devient intéressant. Fuji propose un curieux cocktail avec sa ligne droite de 1,475 km, ses courbes rapides puis son dernier secteur beaucoup plus lent. Trois morceaux de circuit qui ne demandent pas tout à fait la même voiture et permettent donc aux équipes de travailler sur des compromis très différents. Ajoutez les charges de carburant inconnues, les programmes pneumatiques, les longs relais, les simulations de qualification et les réglages aérodynamiques, et une Hypercar peut parfaitement passer de P1 à P8 sans que personne n’ait oublié comment la conduire.
Toyota fournit d’ailleurs un bon exemple. La #8 a bouclé 50 tours vendredi, la #7 en a effectué 48. Derrière la position sur la feuille des temps se cache donc surtout une quantité considérable de travail dont nous ne connaissons pas précisément le contenu. Le vendredi nous dit donc moins qui est le plus rapide que combien de voitures semblent capables de l’être. Et elles sont nombreuses.
Alpine n’a cependant pas complètement perdu sa journée

Il existe malgré tout un fil rouge intéressant. Avant Fuji, Philippe Sinault expliquait que l’A424 avait franchi un cap. Plus seulement une voiture susceptible de profiter d’une circonstance favorable, mais désormais un prototype capable de se battre régulièrement pour la victoire. Évidemment, personne ne gagne six heures de course avec un chrono réalisé le vendredi après-midi. Même avec beaucoup d’enthousiasme et une calculatrice particulièrement optimiste. Mais après le double Top 5 d’Austin et la victoire obtenue ici en 2025, voir les deux Alpine terminer les FP2 aux premier et troisième rangs donne tout de même un peu de matière au discours. À Austin, quelques secondes, une pénalité et le timing d’une VSC avaient suffi à transformer la physionomie du résultat. À ce niveau de densité, un éternuement coûte trois places. Fuji semble bien décidé à poursuivre l’expérience.
Aston et Genesis mettent quelques graviers dans les rouages

Parce que derrière Alpine, deux autres noms méritent désormais qu’on évite de les considérer comme décoration de paddock. L’Aston Martin Valkyrie #007 était déjà septième le matin avant de venir chatouiller Martins à 39 millièmes en FP2. La seconde Valkyrie rejoint elle aussi le Top 6. Genesis suit pratiquement le même chemin. Une GMR-001 sixième en FP1, puis les deux voitures quatrième et cinquième l’après-midi pour leur première apparition à Fuji. Après les signes entrevus à Austin, le Japon commence donc à répondre à la question posée avant le week-end : la progression était-elle circonstancielle ou reproductible ? Pour l’instant, elle se reproduit. C’est déjà quelque chose.
Et en GT ? Changez la casserole
Le LMGT3 s’est manifestement procuré la même recette. McLaren verrouille les deux premières positions en FP1 avec 45 millièmes entre ses deux voitures. En FP2, c’est terminé : Ford passe devant avec la Mustang, Mercedes échoue à 35 millièmes et Lexus place deux voitures dans le Top 5. La Corvette #33, leader du championnat, n’est que huitième. Les deux Porsche Manthey terminent P17 et P18. Les trophées peuvent donc rester dans leurs cartons jusqu’à dimanche.
Rendez-vous samedi pour enlever quelques masques
Le championnat arrive pourtant à Fuji avec de vrais enjeux. La BMW #20 et la Toyota #7 sont à égalité chez les pilotes, tandis que Toyota ne possède que neuf points d’avance sur BMW chez les constructeurs. Ferrari reste également dans le jeu. Mais le vendredi n’a pas choisi son camp. Il a fait beaucoup mieux : il a montré que Toyota, Cadillac, Ferrari, Alpine, Aston Martin et Genesis pouvaient toutes apparaître devant selon la séance et probablement selon le programme exécuté. Samedi, FP3 permettra d’affiner tout cela avant les qualifications et l’Hyperpole. Parce qu’après cette première journée, tout le monde a montré un bout de son jeu.
Personne n’a encore posé ses cartes sur la table.
| Session | Local | Réunion | Europe |
| Samedi 26 Septembre | 09h30 | 04h30 | 06h30 |
| EL3 | |||
| Qualifs HyperCar | 14h40 | 09h40 | 11h40 |
| Hyperpole Hypercar | 15h00 | 10h00 | 12h00 |
| Dimanche 27 Septembre | |||
| Course (6H) | 11h00 | 06h00 | 08h00 |