Le Rallye du Kenya 2025, cette épreuve aussi vicieuse qu’un cobra sous stéroïdes, a encore frappé fort. Dans ce capharnaüm de poussière, de boue et de rêves brisés, le Gallois Elfyn Evans a décroché la timbale au volant de sa Toyota GR Yaris Rally1, célébrant ainsi la 100e course du constructeur japonais en WRC depuis 2017. Deux victoires d’affilée – une première pour lui après la Suède –, une onzième en carrière, et une avance de 36 points au championnat, du jamais-vu après trois manches. Pendant ce temps, ses adversaires pataugeaient dans un mélange de fesh-fesh (cette poussière sournoise qui vous fait maudire vos sinus), de crevaisons en cascade et de pluies transformant les pistes en patinoires pour patineurs involontaires. “Merci au Kenya pour l’accueil“, a lâché Evans, probablement en crachant encore du sable. On le croit sur parole.
Mais ne soyons pas dupes : ce triomphe n’a rien de facile. Pneus éclatés, tête-à-queue et une panne électrique le Dimanche ont failli le faire trébucher, mais Evans a géré ça avec la froideur d’un comptable sous Lexomil. Ott Tänak (Hyundai), leader jusqu’à l’ES9 avant qu’une transmission capricieuse ne le saborde, a bien tenté un baroud d’honneur dans les dernières spéciales, mais rien n’y a fait. Evans s’impose avec 1 minute 9,9 secondes d’avance et devient le troisième Britannique à mater le Safari, après les légendes Colin McRae et Richard Burns. Rule Britannia, ou presque pour l’épreuve qui portait initialement un nom renvoyant au sacre d’Elizabeth II…

Toyota : une victoire au goût de cendres
Si Evans a sauvé l’honneur, Toyota a vécu un cauchemar digne d’une tragédie grecque doublée par un studio québécois (on vous adore hein !). Kalle Rovanperä, double champion du monde et dernier vainqueur en date, a vu son rallye s’effondrer comme un château de cartes. Suspension arrière en vrac le Samedi, puis un souci électrique fatal le Dimanche matin en liaison entre deux spéciales. Abandon. Résultat : 57 points de retard sur Evans au championnat. Une claque retentissante pour celui que certains voyaient déjà tout rafler.
Et Takamoto Katsuta ? Le Japonais a décidé de pimenter le final en se mettant sur le toit dans la Power Stage “Hell’s Gate” – un nom prédestiné. En lice pour les points du Super Sunday, il a offert aux 250 000 spectateurs (chiffre policier) un numéro de voltige involontaire, dégringolant à la cinquième place derrière Sami Pajari, autre pilote Toyota avant finalement d’être contraint à l’abandon: la voiture était beaucoup trop endommagée pour rejoindre l’arrivée finale situé 60 kilomètres plus loin à Naivasha…
Hyundai jubile, Fourmaux surprend

Pendant que Toyota comptait ses épaves, Hyundai se payait une belle tranche de rigolade. Ott Tänak et Thierry Neuville, malgré des transmissions grinçantes en début d’épreuve, ont squatté les deuxième et troisième marches du podium. Neuville, champion en titre, a traversé un week-end rocambolesque : une minute de pénalité pour un changement de boîte tardif, des sanctions pour un départ anticipé et une arrivée en retard après avoir joué les mécanos sur son système de refroidissement. Pourtant, il limite les dégâts, ne cédant que 4 points à Evans et égalant les points de Tänak, qui finit pourtant 2 minutes 22 devant lui. Chapeau bas pour l’opération comptable.

Mais la vraie surprise chez Hyundai, c’est Adrien Fourmaux, transfuge de M-Sport depuis l’intersaison. Le Français, opportuniste comme un renard dans un poulailler, a profité de la journée de Dimanche pour rafler 10 points entre le Super Sunday et la Power Stage. Pendant que ses coéquipiers se débattaient, Fourmaux a tiré son épingle du jeu avec une malice qui doit faire grincer des dents chez Toyota. Hyundai égalise même le nombre de scratches avec les Japonais et signe son meilleur résultat historique au Safari. Qui rira le dernier ? Manque plus que la victoire !

| Pos | Equipage | Chrono |
| 1. | Evans Elfyn – Martin Scott Toyota GR Yaris Rally1 | 4h20’03,8 |
| 2. | Tänak Ott – Järveoja Martin Hyundai i20 N Rally1 | +1:09.9 |
| 3. | Neuville T – Wydaeghe M. Hyundai i20 N Rally1 | +3:32.0 |
| 4. | Pajari S – Salminen M Toyota GR Yaris Rally1 | +7:18.7 |
| 5. | Munster Grég – Louka Louis Ford Puma Rally1 | +11:35.3 |
| 6. | Greensmith G -Andersson J. Škoda Fabia RS Rally2 | +14:11.6 |
| 7. | Solans J – Sanjuan R Toyota GR Yaris Rally2 | +17:26.6 |
| 8. | Serderidis J. – Miclotte F. Ford Puma Rally1 | +28:45.5 |
| 9. | Zaldivar F.- Ohannesian M. Škoda Fabia RS Rally2 | +35:38.8 |
| 10. | McErlean Josh – Treacy Eoin Ford Puma Rally1 | +37:15.8 |
Un rallye apocalyptique, fidèle à lui-même

Ce Safari Rally 2025 aura été un festival de désastres : crevaisons à gogo, averses diluviennes transformant les 384 km de pistes en bourbiers impraticables, et ce fesh-fesh infernal qui a englouti les espoirs de la moitié du plateau. Evans, lui, a slalomé dans ce carnage avec une assurance presque provocante. En WRC2, Gus Greensmith a survolé la catégorie, laissant Jan Solans dans la poussière – littéralement, après un tonneau dans l’ES18. Jourdan Serderidis et Fabrizio Zaldivar complètent un top 10 aussi éclectique que le rallye lui-même.
| Pos | Pilote | Team | Points |
| 1 | 88 | ||
| 2 | 52 | ||
| 3 | 49 | ||
| 4 | 35 | ||
| 5 | 33 | ||
| 6 | 31 | ||
| 7 | 31 | ||
| 8 | 19 | ||
| 9 | 14 |
Prochain arrêt : le Rallye des Îles Canaries fin avril, pour le premier rendez-vous asphalte de cette année. Une pause bienvenue après ce safari apocalyptique ? Pas sûr. Avec le WRC, le chaos est toujours au tournant.
| Pos | Constructeur | Points |
| 1 | 158 | |
| 2 | 122 | |
| 3 | 43 |