Le Rallye du Japon. Ce paradis humide où les routes ressemblent davantage à des serpents sous Prozac qu’à de banals rubans d’asphalte. C’est dans ce cadre pittoresque et terriblement glissant que se jouera ce week-end l’ultime chapitre du WRC 2024. Entre la lutte acharnée pour le titre pilotes et l’électrisante bataille des constructeurs, préparez vos parapluies et vos nerfs : cette finale promet d’être aussi intense qu’un sushi gratiné au wasabi.
Le Japon : des routes qui se prennent pour des patinoires
Contrairement aux tracés européens, les spéciales japonaises ont un petit côté… sadique. Le tracé est une succession de routes étroites, sinueuses, bordées d’arbres qui semblent vouloir vous attraper au passage empêchant toute évacuation d’humidité. Ajoutez à cela une météo hivernale, où le choix de pneus est aussi crucial que de choisir entre parapluie et k-way. Bienvenue dans un monde où les virages glissants sont légion, les flaques d’eau sont légendaires, et où chaque mètre demande autant de concentration qu’une partie d’échecs sous la pluie. Et encore je n’évoque pas les choix de “cordes” !
Thierry Neuville : Enfin l’heure de gloire ?

C’est peut-être l’année de Thierry Neuville, le Belge à la fidélité légendaire (chez Hyundai depuis 2014 ! Si ce n’est pas de l’amour ?). Après avoir souvent frôlé le titre sans jamais l’empocher, il est enfin en position pour devenir champion du monde. Avec 25 points d’avance sur son rival Ott Tänak, Neuville a de quoi aborder cette finale avec un soupçon d’optimisme, même si les routes japonaises n’ont jamais été tendres avec qui que ce soit.
Son secret ? La régularité. Avec deux victoires cette saison (Monte-Carlo et Grèce) et une collection de podiums (4), il a su éviter les catastrophes tout en ramassant les précieux points des Power Stages et des additions dominicales. Il aura marqué des points lors de chaque rendez-vous. Et pour les superstitieux : oui, c’est sa treizième saison en WRC, mais si vous croyez que cela va l’arrêter, c’est mal connaître l’obstination belge.
Ott Tänak : L’Estonien au bord du précipice

En retard de 25 points, Ott Tänak se retrouve dans une position inconfortable : il doit tout tenter sans perdre ses quatre roues en route. Déjà champion du monde en 2019, il connaît la recette du succès, mais cette saison, son principal ingrédient a été une dose excessive de tonneaux et de crashs mémorables.
Les spéciales japonaises sont faites pour les pilotes méthodiques, pas pour ceux qui préfèrent la technique “banzaï”. Et pourtant, Tänak adore prouver qu’il peut transformer chaque course en spectacle pyrotechnique. Avec deux victoires cette année (Sardaigne et Europe Centrale), il a montré qu’il peut briller, mais la constance n’a pas été au rendez-vous. Peut-être est-ce le week-end où il jouera enfin la carte de la sagesse ? On doute.
Les enjeux : tout se joue maintenant
Titre pilotes : Neuville vs Tänak
Un duel épique entre l’expérience patiente de Neuville et l’audace borderline de Tänak. Le Belge a l’avantage des points, mais au Japon, tout peut arriver, surtout si une flaque mal placée décide de redistribuer les cartes. Tänak devra être parfait et espérer que son coéquipier ne prenne pas le large et surtout ne pas commettre d’erreur.
Titre constructeurs : Hyundai vs Toyota

C’est David contre Goliath, sauf que cette fois, les deux combattants semblent au même niveau de performance. Hyundai veut sécuriser un doublé historique avec les titres pilotes et constructeurs, tandis que Toyota espère offrir à ses fans japonais une victoire à domicile. Avec 7 couronnes actuelles, Toyota se bat au Japon pour tenter de revenir à hauteur de Citroën (8 titres constructeurs) avant d’aller chercher le toujours leader Lancia (10 titres constructeurs).
Autres temps, autre moeurs ! Il y a 21 ans en Grande Bretagne en 2023, un certain Sébastien Loeb sacrifiait ses chances de titre pilote au profit de celui de constructeurs pour le compte de Citroën. Il faut dire qu’à cette époque, Loeb/Elena disputaient leur première saison pleine en WRC et “le grizzly” avait assuré Seb’ et Dani que l’avenir leur donnerait largement l’occasion de jouer le coup. Guy Frequelin ne s’était pas trompé … comme toujours !

Alors, préparez-vous : entre les flaques d’eau, les tonneaux potentiels et les batailles acharnées, ce Rallye du Japon sera un spectacle à ne pas manquer. Et si jamais vous êtes perdus, rappelez-vous : en WRC, tout peut arriver, sauf une spéciale sans drame. Le rallye du Japon présente 3 étapes, 302,590Km chronométrés répartis en 21 épreuves de vitesse de 2,15km (ES1/16/20) à 23,670km (ES2/5). Notez que l’édition 2024 propose 5 passages par une super-spéciale en direction du public (ES1/8/9/16/20). L’épreuve se déroule autour de Nagoya, 400Km à l’Ouest de Tokyo. 2023 avait permis à Toyota de signer un triplé, Neuville s’était imposé en 2022 devant son coéquipier Tanak.