La Coupe de France des Rallyes, ce doux Graal amateur qui faisait trembler les vibreurs et les cœurs au début des années 2000, quand les Clio groupe N se livraient des batailles dignes de la dernière guerre des boutons. C’était l’époque où chaque pilote local se muait en missionnaire asphalte, prêt à vendre jantes et demi-bras pour un ticket vers la Finale. L’époque où la Ligue Réunionnaise envoyait une escadrille d’équipages à la conquête de l’Hexagone. Aujourd’hui ? Disons qu’on est plus proche du Club Med que du D-Day.
Lisieux, terre d’asile… ou de glaciation pour les rallyemen ultramarins
La Finale 2025 aura donc lieu en Normandie. Oui, Lisieux. Oui, en octobre. Oui, entre 10 et 14 degrés. “Frisquet”, comme on dit là-bas. Traduction créole : « la frè i cok ! ». Le soleil se couche à 19h05, l’humidité est omniprésente, et la pluie plane comme un vautour au-dessus des vérifications techniques (30% de risques en moyenne). N’en déplaise aux météorologues de comptoir, les seules choses sûres à Lisieux en octobre, ce sont les pulls en polaire, les bottes en caoutchouc et les pneus pluie parfois retaillés avant même d’avoir touché l’asphalte.
Côté parcours, on promet du totalement inédit. Autrement dit : routes grasses, talus sournois et vaches nonchalamment postées à la corde. Y’aura toujours des pommes pour se réconforter ! Bref, une épreuve tracée dans le bocage qui risque bien de renvoyer les pilotes réunionnais à leurs manuels de survie – édition “changement de climat brutal”.
Un classement régional pas encore figé…

Du côté de notre charmante île, le classement provisoire avant le Tour Auto n’a rien d’une surprise, ni d’un feu d’artifice. Le Salazien Jonathan Laup mène la danse, suivi de près (ou de loin, selon les week-ends) par deux habitués des Finales : Thierry Law Long et Mannix Hoareau. Des noms connus, des CV bien garnis, mais une dynamique générale qui évoque plus la routine que la révolution en vue de cette Finale 2025.
Ce trio de tête n’est pas exempt de talent, bien au contraire. Mais entre les rallyes peu fréquentés, les classements par défaut et les points glanés à la faveur de pelotons faméliques, on ne peut s’empêcher de sentir un certain parfum de Coupe… tiède. Autant dire que si la motivation était un carburant, certains auraient déjà calé…
Le Rallye de Saint-Joseph : concurrent de la Finale…
Le Rallye de Saint-Joseph, un des joyaux (pas de piscine à vendre) du calendrier régional, se retrouve désormais planifié une semaine après la Finale nationale. Une planification qui invisibilité la Finale Nationale. Avec un tel positionnement, quasiment plus personne ne souhaite hypothéquer un rein pour partir dans l’hexagone… et il sera bien plus probable de croiser des accompagnants en Moon boots que des pilotes en bottines à Lisieux.
Les organisateurs le savent, mais bon, changer des habitudes de recentrement sur le championnat local par rapport à une épreuve ponctuelle sans sa monture habituelle parait logique. Alors, on garde le cap, on serre les dents, et on se console en regardant les fiches d’inscription se remplir à l’allure d’un ralenti de drapeau jaune.
Le Tour Auto : dernier bastion en vue de qualification
Heureusement, le Tour Auto de la Réunion – prévu le week-end du 24 au 27 juillet – devrait apporter un semblant de tension dans ce monde engourdi. Avec son coefficient 4, il représente à lui seul l’équivalent de deux rallyes régionaux. Autant dire que le classement pourrait être totalement rebattu… si tant est que certains aient encore envie de jouer.
Si Jonathan Laup garde sa régularité (ce qui n’est jamais acquis sur un Tour Auto où l’herbe pousse aussi vite que les espoirs s’effondrent), il pourrait sécuriser sa place pour Lisieux. Derrière, Thierry Law Long, habitué des campagnes hexagonales, rêve sûrement de son prochain bolet de cidre dans le paddock. Quant à Mannix Hoareau, sa forme actuelle et sa motivation pourraient lui offrir un billet, à condition de ne pas tomber dans les pièges classiques.
Et les autres ?
Bonne question. Derrière ce podium provisoire, c’est la baston ouverte. Les rallyes qualificatifs locaux ne déchaînent plus les passions en ce début de saison 2025. Les difficultés financières globales n’y sont pas étrangères. Toutefois certains du top10 actuel pourraient bien avoir envie de “sauter la mer”. Je vous colle le link du classement complet.
| Pos | Pilote | Total |
| 1 | Jonathan Laup | 310 |
| 2 | Thierry Law Long | 215 |
| 3 | Mannix Hoareau | 209,5 |
| 4 | Réhane Gany | 204 |
| 5 | Joël Boyer | 18/9 |
| 6 | Arnaud Palmont | 159 |
| 7 | Jean Haidé Pecault | 154,5 |
| 8 | Laurent Dubard | 153 |
| 9 | Samuel Hoarau | 148,5 |
| 10 | Jason Barret | 148 |
Conclusion : Lisieux en point de mire, mais avec des jumelles
Alors, cette Coupe de France 2025, rêve ou relique ? En tout cas, le Tour Auto va trancher dans le vif. Entre ceux qui en veulent encore et ceux qui n’ont pas vu l’intérêt de la bagarre depuis la Ronde de l’Est 2024, il y aura sans doute des surprises. La seule certitude : si vous voyez un pilote réunionnais en short à Lisieux mi-octobre, c’est qu’il a perdu un pari…ou qu’il a abusé du Calva’ En attendant, les rallyes continuent… et la Coupe de France, malgré tout, reste un trophée. Même si elle brille un peu moins qu’avant vue d’ici.