Suzuka, c’est un peu le parc à thème de Honda : ils y déposent leur trophée tous les ans, le pick-up le récupère, et tout le monde félicite poliment. En 2025, pour la course de 8H de Suzuka en EWC, rien n’a changé : Honda HRC, avec Takumi Takahashi et Johann Zarco, a encore soulevé le trophée — leur 31ᵉ victoire sur cette course. Pour Takahashi, c’est un record écrasant : sept victoires au total, quatre consécutives. Zarco décroche son deuxième succès d’affilée avec Honda.
Honda : les hôtes, les maîtres du monde, la garantie tous risques de Suzuka. Les autres constructeurs ? Des figurants.
Qualifications : Zarco démolit tout
Grille de départ ? Pile ou face ? Non, Zarco. Lors du fameux Top 10 Trial, Johann Zarco a signé une pole position record en 2’04.290, devançant le benchmark précédent de 2’04.796. Un chrono monument, digne d’un MotoGP déguisé en EWC. Takahashi avait déjà fait le boulot en 2’05.223 — mais c’est bien Zarco qui a mis la barre à des hauteurs lunaires pour Honda HRC .

Pendant ce temps, chez Yamaha, Locatelli marque un 2’04.316 — très impressionnant, mais juste un souffle derrière Honda. Le plus ironique ? Tout le plateau sait que même une perf Yamaha comme ça laisse Honda encore loin devant .
Course : un long récital sous un soleil de plomb
Dimanche 3 août, Suzuka fond sous un soleil caniculaire. Et Honda HRC déroule, presque en mode automatique. Takahashi prend le départ, mène la danse, puis Zarco boucle le dernier relais pour sceller la victoire. La marque avoue avoir contrôlé l’écart, profitant d’une efficacité énergétique hors norme et d’une gestion implacable des pit‑stops — Yamaha accuse 35 s de retard sur la ligne … juste pour la deuxième place .
Deux périodes de safety‑car ? Peu importe, Honda maîtrise. La pluie ? Jamais tombée. Les chutes, les crevaisons, les Imajinan bullshit ? Invisible. C’est un long solo.
Tandem imposé et crise des effectifs

En 2025, l’équipe officielle Honda HRC se compose d’un duo réduit à deux pilotes : Takahashi et Zarco. Pourquoi deux et non trois comme d’habitude ? D’abord, Luca Marini, prévu comme coéquipier, s’est fracturé ligaments, clavicule, sternum, hanche, et a un pneumothorax suite à une violente chute lors de tests. Ensuite, Iker Lecuona, pressenti comme deuxième solution, s’est cassé le poignet gauche en course WSBK à Balaton — fini. Enfin, Xavi Vierge, rappelé en urgence, a débarqué au Japon… sans visa de travail. Résultat : refus administratif, Vierge écarté, Honda roule à deux .
Fait remarquable : HRC confirme officiellement un plateau avec seulement deux pilotes, une première semble-t‑il, mais la race continue… sans que personne ne s’en émeuve .
Pourquoi Honda reste invincible ici
La machine : la CBR1000RR‑R Fireblade SP. Conçue pour dévorer Suzuka, elle est devenue l’équivalent deux‑roues d’un bulldozer mécanique.
La technologie et la fiabilité : Honda HRC grignote le temps lors des relais, utilise moins de carburant, enchaîne les pit‑stop sans coup férir.
L’expérience Suzuka : Takahashi est désormais un dieu local avec ses sept victoires, Zarco lui apporte la fraîche agressivité MotoGP — ensemble, le duo impose un rythme que même les ténors de Yamaha ne tiennent pas.
Supériorité stratégique : ils jouent avec l’écart, ils gèrent la chaleur, les relais, la pression. Les autres — Yamaha, Suzuki Yoshimura ou SDG HARC‑PRO — s’efforcent simplement de suivre .
Yamaha, Suzuki & BMW : les seconds rôles du récit

Yamaha Racing Team (Locatelli, Miller, Nakasuga) remporte une honorable 2ᵉ place : à 35 s de retard sur le leader. Futile face à la machine Honda en pleine synchronisation divine.

Suzuki Yoshimura SERT Motul décroche la 3ᵉ place et monte sur la boîte, via une bataille acharnée avec SDG Team HARC‑PRO — relevées, ces luttes à la coda du peloton .
BMW Motorrad EWC Team : plafonne à la 5ᵉ place « tête de peloton » mais reste un point derrière YART Yamaha avant le Bol d’Or. Encouragement d’usage pour ce constructeur, mais pas de quoi réveiller Honda .
Le verdict glaçant : Honda, champion de Suzuka

Chaque édition de Suzuka se transforme en un monologue Honda. Une performance individuelle phénoménale de Zarco en qualifs, un tandem impénétrable avec Takahashi, un management technique sans faille, et un calendrier de blessures et retraits qui réduit l’équipe à deux pilotes… et tout fonctionne comme du papier à musique.
Honda HRC semble incarner la logique : Suzuka, ils ne gagnent pas, ils dictent l’histoire. La concurrence ? Elle court après des miettes. Le public ? Il admire la mise en scène. Les journalistes ? Ils prennent des notes, incrédules.
In fine…
Takahashi l’éternel, Zarco le volcanique. Deux pilotes, une machine, un circuit, une course… et une victoire sans discussion. Honda HRC signe un quatre sur quatre à Suzuka, avec un total impressionnant 31 victoires, et les records tombent comme des dominos dans un temple figé : Takahashi à sept victoires (quatre consécutives) et Zarco à deux sacres consécutifs .
Rendez‑vous au Bol d’Or le mois prochain pour l’ultime course et cette fois ce sera le championnat qui sera en jeu.