samedi, octobre 17, 2026
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Un pigiste de luxe et Gany “meilleur des autres”…

Depuis 2010, le Championnat de France des Rallyes (CFR) ouvre ses hostilités au Touquet, et chaque année, c’est le même cirque : une météo qui joue les divas et des routes qui transforment les pilotes en acrobates malgré eux. Cette édition 2025 n’a pas fait exception, du moins le vendredi, avec un cocktail d’averses, de grêle et de cordes gorgées d’eau. Le samedi, par contre, surprise : la météo a décidé de se calmer, laissant place à une stabilité aussi inattendue qu’un rallye sans sortie de route.

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Sans Léo Rossel, champion en titre parti vers les sirènes du WRC comme son frère aîné – probablement en train de siroter un café quelque part –, c’est Yoann Bonato, le quintuple roi du CFR, qui a ouvert le bal. Face à lui, Stéphane Lefebvre, de retour avec la seule Toyota Yaris Rally2 du plateau, prêt à en découdre. Deux ex-pilotes du WRC, deux machines à gagner, et une rivalité qui sentait l’essence et la gomme brûlée. Éric Camilli, jamais loin pour mettre son grain de sel, complétait le trio infernal. Dès le vendredi, la météo a sorti l’artillerie lourde : pluies soudaines, grêle – parce que pourquoi se priver ? – et des routes aussi glissantes qu’une savonnette dans une douche. Les cordes du Touquet, ces pièges légendaires, ont vite fait de trier le grain de l’ivraie.

Matthieu Margaillan, champion 2024 du Rallye Terre, en a fait les frais. Habitué à dompter la poussière, il a tenté de jouer les héros sur l’asphalte mouillé de l’ES4. Résultat ? Un vol plané spectaculaire, une Skoda en PLS et un retour au parc fermé plus tôt que prévu. Pas de casse pour l’équipage, mais une leçon d’humilité gratuite, à moins que l’attraction de la terre ne soit trop forte? Pendant ce temps, Bonato et Lefebvre lançaient les hostilités, arbitrés par un Camilli en embuscade. À la fin de la première boucle, Bonato menait avec moins de 5 secondes d’avance sur Lefebvre – un écart si mince qu’il aurait pu tenir dans un gobelet de café. Camilli, lui, s’offrait deux scratches l’après-midi, tandis que les deux cadors se neutralisaient, séparés par un misérable 2 secondes à la fin de la première étape. On aurait dit un combat de coqs sous la pluie, avec des pneus qui hurlaient et des spectateurs trempés qui en redemandaient.

Samedi, deuxième et dernier jour, changement de décor : la météo, lassée de jouer les trouble-fête, a opté pour une stabilité presque suspecte. Bonato a semblé perdre un peu de son mojo. Un P4 dans l’ES9, et Lefebvre en a profité pour claquer un scratch et prendre les devants. Le pilote des 2 Alpes s’est repris dans le monstre du jour, une spéciale de presque 30 km où il a arraché le meilleur temps… pour moins d’une seconde devant la Toyota de Lefebvre. On parle d’un écart si ridicule qu’on pourrait le mettre sur le compte d’un éternuement mal placé. Ces deux-là, véritables machines à chronos, ont fini avec 4 meilleurs temps chacun, se partageant le titre officieux de « MP » (meilleurs performers) du week-end. Pas de jaloux, juste du talent brut.

Dans la dernière boucle, Raphaël Astier a sorti l’Alpine de son chapeau pour signer un scratch mémorable dans l’ES11 (13,930 km), talonné par l’inévitable Lefebvre. Bonato, lui, a levé le pied, passant en mode « safety » pour sécuriser sa P2 avec 15,5 secondes d’avance sur Camilli au général. Le dernier chrono a confirmé la tendance : Lefebvre devant, Bonato en gestion en vue du championnat, Camilli solide P3. Un podium cousu de fil blanc, mais arraché avec les dents sur un vendredi apocalyptique et un samedi plus sage.

À plus d’une minute derrière ce trio intouchable – une éternité dans un rallye –, la bataille pour la P4 valait son pesant de pop-corn. Une véritable bagarre entre coéquipiers chez Sarrazin Motorsport. Réhane Gany, le Réunionnais passé de la Ford Fiesta MKII à une Citroën C3 chez Iron, et Pablo Sarrazin, le jeune ambitieux, se sont tiré la bourre sous le regard d’Hugo Margaillan, qui rôdait comme un vautour. Malgré un ultime coup de collier dans la dernière spéciale, Sarrazin a dû rendre les armes face à son coéquipier Gany, qui a décroché une P4 scratch – égalant sa meilleure perf’ au CFR (Vosges 2024). Avec une régularité insolente (8 chronos dans le top5 scratch y compris une énorme P2 dans l’ES4, suivie d’une P10 dans l’ES5 et une dernière boucle en mode “on en reste là” en P8 de chaque chrono), Gany et son fidèle Franck Le Floch ont tenu cette place depuis l’ES2, raflant au passage la dotation maximale chez Michelin. Chapeau bas pour le « meilleur des autres », qui a su capitaliser sur une course sans faute là où d’autres ont fini dans le fossé.

Meilleur Performer

  • Bonato/Boulloud Citroën C3 Rally2 4MT (ES1,3,7,10)
  • Lefebvre/Malfoy Toyota Yaris Rally2 4MT (ES2,6,9,12)
  • Camilli/de la Haye 3MT (ES4,5,8)
  • Astier/Giraudet Alpine A110 GT+ 1MT (ES11)

Leaders successifs

  • Bonato/Boulloud Citroen C3 Rally2 ES1 à 8
  • Lefebvre/Malfoy Toyota Yaris Rally2 ES9 à 12 (arrivée)

Stéphane Lefebvre, ancien pilote officiel en WRC chez Citroën prive donc son ancien team d’un succès cette année au Touquet. L’enfant du pays renoue avec la victoire sur ce terrain si particulier après son dernier succès ch’ti en 2018. Notez que Stéphane disputera le Championnat d’Europe 2025 à bord d’une Hyundaï.

Au final, ce Touquet 2025 aura été fidèle à lui-même : imprévisible, impitoyable et sacrément jouissif. Lefebvre s’impose, Bonato limite la casse, Camilli complète le podium, et Gany joue les outsiders malins. Quant à la météo, elle reste la vraie star, transformant chaque spéciale en roulette russe. Vivement la suite du CFR (cette fois sans Lefebvre), parce que si toutes les manches sont aussi dingues, on n’a pas fini de rigoler – ou de trembler…

PosEquipageChrono
1. Lefebvre S – Malfoy A.
Toyota GR Yaris Rally2
1h33’28s3
2. Bonato Yoann – Boulloud B.
Citroën C3 Rally2
+8.5
3. Camilli Eric – de la Haye T.
Hyundai i20 N Rally2
+32.3
4. Gany R – Le Floch Franck
Citroën C3 Rally2
+1:40.3
5. Sarrazin P – Roche Yannick
Citroën C3 Rally2
+1:54.8
6. Margaillan H – Coppa M
Hyundai i20 N Rally2
+2:01.2
7. Astier Raphaël – Giraudet D.
Alpine A110 Rallye GT+
+2:11.5
8.Habouzit Thibault – Ural O.
Škoda Fabia RS Rally2
+2:42.6
9.Darmezin L – Augé Val
Citroën C3 Rally2
+2:44.5
10. Ragues P – Pesenti Julien
Škoda Fabia RS Rally2
+3:03.3
cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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