Le problème des dettes des ASA vis-à-vis de la Ligue de Sport Automobile de la Réunion (LSAR) n’est pas une nouveauté. C’est un véritable serpent de mer qui, tel le scénario d’Edge of tomorrow, revient chaque saison avec son lot de tensions, de débats et de solutions aussi inventives que discutables. Mais voilà, après des années d’atermoiements et de palabres menées en “misouk”, une solution semble enfin avoir émergé.
Soyons honnêtes, la gestion de ces dettes relevait jusqu’ici plus du jeu d’équilibriste que d’une rigoureuse comptabilité. Certains clubs ont opté pour une méthode radicale mais diablement efficace : la fermeture pure et simple de l’ASA endettée pour en rouvrir une flambant neuve, vierge de toute dette. D’autres ont choisi la stratégie du compte fantôme en “provisionnant” leurs dettes, sans pour autant les régler. Pendant ce temps, quelques rares irréductibles se sont résolus à payer rubis sur l’ongle. Pas très équitable, certes, mais après tout, la justice comptable semble varier selon le club auquel on appartient.
Mais aujourd’hui, que les puristes et les économistes du dimanche se réjouissent ! Un “gentleman agreement” est en passe d’être ratifié, mettant un terme à cette farce financière qui gangrène les relations interclubs depuis des lustres. Et, n’en déplaise aux sceptiques, c’est un véritable tour de force réalisé par le président de la Ligue, Mamisoa Rajoël. Il fallait en effet une bonne dose de patience, une maîtrise avancée du jeu diplomatique et une oreille attentive aux doléances de chacun pour réussir l’impossible : un accord où tout le monde semble (presque) satisfait.

Alors certes, quelques clubs pourront se sentir lésés, arguant qu’ils ont été plus vertueux que d’autres dans cette affaire. Mais au final, mieux vaut un mauvais arrangement qu’un mauvais procès, n’est-ce pas ? Il s’agit après tout de solder un contentieux historique et d’enfin permettre aux clubs de se consacrer à leur mission première : organiser des épreuves dignes de ce nom, plutôt que de s’écharper sur des histoires de dettes et d’arrangements comptables.
Bien entendu, nous pouvons être “confiants” sur le fait que les raisons de s’écharper ne disparaîtront pas totalement. Il ne faut pas rêver : les querelles entre clubs, les alliances de circonstances et les règlements de comptes interposés referont surface, surtout à l’approche des prochaines élections de la LSAR. Mais pour l’heure, saluons cette prouesse. Ce soir, lors de l’assemblée générale, un pan de l’histoire des ASA se tourne et – qui sait ? – peut-être assisterons-nous à une nouvelle ère de sérénité dans le sport automobile réunionnais.
Enfin, ne soyons pas dupes : si cette solution permet de solder une partie du passé, elle ne garantit en rien que de nouveaux stratagèmes ne verront pas le jour dans un avenir proche. Car après tout, pourquoi changer une formule qui fonctionne ?