Après les vertiges d’altitude et les projections aquatiques de Spa-Francorchamps, la F1 s’invite à Budapest pour sa 14e manche, avec la souplesse d’un éléphant en cure thermale. Bienvenue sur le Hungaroring, ce petit ruban d’asphalte de 4,381 km où la vitesse de pointe n’a jamais vraiment été invitée et où le DRS sert davantage à faire joli qu’à dépasser. Surnommé le “Monaco sans les murs” — une expression qui dit tout, sauf du bien —, ce tracé sinueux composé de 14 virages (8 à droite, 6 à gauche, aucun pour le plaisir) promet une course aussi intéressante qu’un défilé de somnambules sous sédatifs: amusant au début puis rapidement soporifique !
Mais ne nous y trompons pas : derrière ce décor de karting grandeur nature se cache un véritable cauchemar technique pour les ingénieurs et un test d’endurance mentale pour les pilotes. Le revêtement, rafistolé en 2023 après une cure de jouvence en 2016, est désormais lisse comme un discours de team manager face caméra — et à peu près aussi excitant —, rendant la montée en température des pneus aussi laborieuse qu’un démarrage de Haas sous la pluie. Les gommes dures ? N’en parlons pas. Elles mettront trois relais pour se réveiller, si tant est qu’il ne pleuve pas avant.

Et justement, parlons météo. Car après un vendredi prometteur sous le soleil, les prévisions annoncent un samedi couvert et un dimanche potentiellement dantesque avec averses orageuses à l’horizon. En d’autres termes, tout ce que Pirelli redoute et que les commentateurs adorent. La Hongrie, d’ordinaire cuite à point sous 50°C de piste, pourrait bien se transformer en une loterie de choix pneumatique où les ingénieurs stratèges s’affronteront dans un concours de divination à base de radars météo ukrainiens (la plupart étant actuellement utilisés pour d’autres choses).
Côté stratégie, on garde les mêmes et on recommence : C3 (durs), C4 (mediums), C5 (tendres), et une obsession généralisée pour le two-stopper façon 2024. Bref, il faudra garder la tête froide et les gommes en forme, car le Hungaroring use peu, mais fait surchauffer tout ce qui n’est pas allemand ou papaye. L’an dernier, on se souvient du coup d’éclat d’Oscar Piastri, qui avait crucifié son coéquipier Lando Norris pour décrocher sa première victoire. Depuis, les deux McLaren se rendent coup pour coup, dans une guerre des nerfs à peine voilée sous des sourires marketing.

Cette année, Piastri revient sur les terres de sa consécration avec 16 points d’avance, après avoir refroidi l’euphorie de Norris à Spa. L’Australien maîtrise son sujet, tandis que Lando, tout à son storytelling de revanche britannique, pourrait bien se casser les dents sur un tracé qui ne pardonne aucune approximation — sauf si la pluie s’invite pour redistribuer les cartes et les erreurs stratégiques.

Derrière ce duel orange, quelques figures tentent encore d’exister. Ferrari, par exemple, a eu le bon goût de ramener Charles Leclerc sur le podium à Spa avec une SF-25 enfin un peu plus docile. Budapest devrait moins convenir aux rouges, mais sait-on jamais : une bonne qualif, une bonne stratégie, et Leclerc pourrait faire illusion…Hamilton, quant à lui jouera à domicile tant il collectionne les trophées hongrois (8 victoires et 9 poles).

Chez Mercedes, c’est toujours le grand flou artistique. Russell poursuit sa campagne “je suis là aussi”, sans trop convaincre. Concernant Antonelli, véritable chouchou des paddocks et des pilotes expérimentés, il rumine encore son anniversaire à Misano qui l’aura quelque peu chahuté…

Et Red Bull dans tout ça ? Max Verstappen, relégué au rang de figurant énervé depuis plusieurs courses, reste un prétendant crédible. Mais entre les caprices aérodynamiques de la RB sur piste lente et les performances en yo-yo de Yuki Tsunoda, la maison autrichienne pourrait bien repartir une main devant, l’autre derrière. Sauf miracle ou pluie diluvienne — ce qui revient au même — le podium ne semble plus leur être promis comme en dans un passé pas si lointain finalement.

Dans le peloton, c’est le bal des seconds couteaux. Aston Martin continue son étrange chorégraphie tactique : trois composés différents pour deux voitures, deux stratégies pour un même objectif flou. Alpine, pour sa part, semble avoir perdu la notice, tandis que Racing Bulls amuse la galerie avec des paris pneumatiques suicidaires dignes d’une loterie hongroise.
Rappelons quand même que 65 dépassements ont été enregistrés ici en 2024, mais 64 d’entre eux concernaient des pilotes qui sortaient des stands. Et malgré une zone de DRS longue de 476 mètres, seul un excès de confiance ou un freinage manqué permet réellement de prendre l’ascendant à Turn1… ou d’y perdre ses espoirs.
En conclusion ? Le GP de Hongrie 2025 s’annonce comme un exercice de style pour initiés : lent, technique, frustrant. Une démonstration d’orfèvrerie pour ceux qui aiment les écarts au dixième et les siestes rythmées par les radios d’ingénieurs. Si la pluie décide de participer à la fête, on pourrait même voir autre chose qu’un train de DRS sur fond de commentaires polis. Sinon, il faudra patienter trois longues semaines pour que la F1 retrouve Zandvoort… et un semblant de folie.
Mais après tout, quoi de mieux qu’un petit supplice hongrois pour mériter ses vacances ?
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Vietnam |
| Vendredi 1er Aout | ||||
| FP1 | 60′ | 13h30 | 15h30 | 18h30 |
| FP2 | 60′ | 17h00 | 19h00 | 22h00 |
| Samedi 2 Aout | ||||
| FP3 | 60′ | 12h30 | 14h30 | 17h30 |
| Qualifs | 60′ | 16h00 | 18h00 | 21h00 |
| Dimanche 3 Aout | ||||
| Course | 70 tours | 15h00 | 17h00 | 20h00 |