vendredi, octobre 9, 2026
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Verstappen maître sushi …

Suzuka, l’antre sacrée de la Formule 1 au Japon, a accueilli la troisième course de la saison sous un ciel qui, pour une fois, n’a pas décidé de transformer la piste en pataugeoire géante. On nous avait promis de la pluie, mais non : juste une piste humide qui a séché gentiment au fil des tours, comme une vieille serpillière oubliée au soleil. Dans ce décor presque trop sage pour le chaos habituel de la F1, Max Verstappen, le Néerlandais au volant de sa Red Bull-Honda, a encore joué les samouraïs intouchables, signant une quatrième victoire consécutive sur ce circuit. Pendant ce temps, Lando Norris et Oscar Piastri, les petits princes de McLaren, ont regardé le trône de loin, impuissants. Bienvenue dans le théâtre kabuki de la F1, où le suspense est mort dès le premier virage.

Tout a commencé samedi, quand Verstappen a arraché la pole position dans les dernières secondes des qualifications, à 0,012 seconde près de Norris. Un coup de katana dans l’ego britannique, histoire de rappeler qui est le shogun ici. Dimanche, départ nickel, Verstappen en tête, et les McLaren de Norris et Piastri qui jouent les faire-valoir dès les premiers mètres. Le Néerlandais a déroulé son plan comme un maître sushi découpe un poisson : précision, froideur, et pas une miette de pitié. Résultat ? Une victoire à 1,4 seconde d’avance sur Norris, un triomphe que même les bookmakers n’avaient pas vu venir – faut dire qu’après un début de week-end compliqué, malgré une pole arrachée de haute lutte les Mc Laren conservaient les faveurs des parieurs du fait d’une voiture nettement plus performante en long run..

Mais ne vous y trompez pas, ça n’a pas été une promenade de santé. Il y a eu ce moment délicieux au pit-stop, où Verstappen et Norris ont failli transformer la sortie des stands en duel de kendo. Red Bull foire un peu son arrêt, Norris tente le tout pour le tout, et voilà les deux pilotes côte à côte dans un couloir étroit. Résultat : Norris finit dans l’herbe en désactivant trop tôt son limiteur selon Verstappen, le néerlandais reste devant, et on imagine le Britannique marmonner des insultes bien senties dans son casque. « Max, c’est le dernier mec à qui je m’attends à ce qu’il me laisse de la place », a lâché Norris après coup, avec ce mélange de résignation et d’admiration qu’on réserve aux tyrans qu’on ne peut pas détester complètement. Verstappen, lui, hausse les épaules : « C’était serré. » Serré Max ? non, seulement solide !

Côté course, Verstappen a admis avoir poussé comme un damné sur son dernier train de pneus, harcelé par les McLaren qui, soyons honnêtes, n’avaient pas grand-chose à lui opposer. « Les deux McLaren me mettaient la pression, c’était fun », a-t-il dit, avec ce sourire de gamin qui vient de battre tout le monde à Mario Kart. Fun pour lui, peut-être, mais pour Norris, c’était plutôt une longue séance de torture. « On n’avait rien de spécial aujourd’hui », a concédé le leader du championnat, la mine déconfite. Traduction : McLaren a sorti le grand jeu, mais le grand jeu n’était pas assez grand face au samouraï de Suzuka. Piastri, troisième, complète le podium et le classement général provisoire, mais on sent bien qu’il était là pour faire le nombre, pas pour briller malgré une pression sur le leader naturel de l’écurie (quoi qu’il en pense) à quelques tours de l’arrivée.

Cette victoire, Verstappen la savoure d’autant plus que c’est la dernière avec Honda, son fidèle allié japonais. « Je voulais rester devant pour offrir une belle fin à cette histoire », a-t-il confié, presque émouvant – enfin, si on oublie qu’il a passé 53 tours à écraser tout le monde sans un regard en arrière. Quatre victoires d’affilée à Suzuka, un exploit qui, cette fois, n’a pas eu la saveur dominatrice des années précédentes. « C’était différent, il fallait être devant au départ », a-t-il analysé, comme si tenir Norris hors de portée du DRS était une promenade dans un jardin zen. Avec une piste plus fraîche aidant ses pneus à ne pas fondre comme du beurre, Verstappen a fait ce qu’il sait faire de mieux : maximiser, optimiser, et humilier.

PosPiloteVoitureEcartsPts
1Max VerstappenRed Bull Racing1:22:06.98325
2Lando NorrisMcLaren+1.423s18
3Oscar PiastriMcLaren+2.129s15
4Charles LeclercFerrari+16.097s12
5George RussellMercedes+17.362s10
6Kimi AntonelliMercedes+18.671s8
7Lewis HamiltonFerrari+29.182s6
8Isack HadjarRacing Bulls+37.134s4
9Alex AlbonWilliams+40.367s2
10Oliver BearmanHaas Ferrari+54.529s1

Pour Norris, cette course est un coup de massue déguisé en médaille d’argent. Toujours leader au général, mais avec Verstappen qui recolle à un point, il sent le souffle du Néerlandais dans son cou. « J’ai perdu hier en qualifs », a-t-il grogné, conscient que ces 0,012 seconde lui ont coûté bien plus qu’une pole. McLaren reste en tête des constructeurs grâce aux 33 points du duo Norris-Piastri, mais l’écart se resserre, et Norris le sait : « Red Bull revient fort, on va devoir bosser plus dur. » Pendant ce temps, Piastri, discret troisième, doit se contenter de ramasser les miettes et de sourire poliment pour la photo.

PosPiloteEcuriePoints
1Lando NorrisMcLaren Mercedes62
2Max VerstappenRed Bull Racing61
3Oscar PiastriMcLaren Mercedes49
4George RussellMercedes45
5Kimi AntonelliMercedes30
6Charles LeclercFerrari20
7Alexander AlbonWilliams18
8Lewis HamiltonFerrari15
9Esteban OconHaas10
10Lance StrollAston Martin10

Et Yuki Tsunoda, le local de l’étape chez Red Bull ? Hors des points, merci, au revoir. Preuve que même avec un moteur Honda et un public acquis, il faut plus qu’une envie de bien faire pour faire gagner toute une équipe. Une course se gagne en piste, pas sur les réseaux sociaux ! Red Bull stagne au troisième rang des constructeurs, mais avec Verstappen en mode rouleau compresseur, ça pourrait changer vite d’autant que les évolutions tant attendues pour la RB21 devraient bientôt arriver. Suzuka 2025, c’était donc ça : un Verstappen impérial, des McLaren courageux mais impuissants, et une course qui, sans pluie, a quand même laissé un goût d’humidité dans la bouche de Norris. Prochain acte : on verra si le Britannique trouve une riposte, ou si le samouraï de Suzuka continue de trancher dans le vif…à Bahreïn le week end prochain.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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