Samedi se déroulaient les qualifications à Madison. Ou plutôt : World Wide Technology Raceway, cette appellation sponsorisée qui sonne comme un mauvais mot de passe Wi-Fi. Ce samedi, c’est à coups de moteurs Chevrolet, de gommes carbonisées et d’égo hypertrophiés que la grille de départ du Bommarito Automotive Group 500 (oui, c’est bien le nom complet) s’est dessinée. Et devinez qui est encore monté sur la plus haute marche du podium des qualifs ? Will Power. Oui, encore lui, avec ses 71 pôles en carrière. À ce niveau-là, ce n’est plus un pilote, c’est une application météo pour déterminer où souffle le vent… chez Penske.
Penske verrouille la première ligne, change la serrure et jette la clé
On pensait que Team Penske était en semi-réanimation cette saison, se contentant de troisième places anecdotiques comme un étudiant qui viserait un 10/20 pour aller boire des bières. Mais non, les hommes en blanc ont décidé de réveiller la bête à WWTR. Résultat : Will Power en pole avec 289,68 km/h de moyenne, juste devant son camarade de garage Scott McLaughlin (288,07 km/h). Une première ligne 100 % Penske, comme au bon vieux temps, quand Roger Penske ne se demandait pas tous les matins pourquoi il avait racheté l’IndyCar.
Et puisqu’on est dans les chiffres ronds, cette pôle est la 700e de l’histoire de Team Penske toutes disciplines confondues. Sept cents. Soit autant que de communiqués de presse pour chaque victoire. Il faut bien justifier les salaires du département com’.
Will Power, encore et toujours : l’IndyCar version rediffusion

Cela faisait depuis juillet 2023 que Will Power n’avait pas mis les quatre roues devant tout le monde en qualif. Deux ans sans pôle, une éternité pour un homme qui en a fait sa marque de fabrique. Cette fois, il a « envoyé du lourd », selon ses propres mots. Traduction : il a tenté de passer flat out dans les virages 3 et 4. Il ne l’a pas fait, mais il s’en est approché. Ce qui, pour un pilote IndyCar sur ovale, revient à dire qu’il a vu la lumière au bout du tunnel mais a fait demi-tour par sécurité.
À bientôt 43 ans, l’Australien continue de rouler comme s’il avait 23 ans, avec l’acharnement d’un type qui refuse de rendre son badge d’accès au paddock. La victoire dimanche ? « Ce serait génial », dit-il. Non Will, ce serait surtout nécessaire, parce qu’aucun pilote Penske n’a encore vu Victory Lane cette année. C’est ballot, pour une équipe censée jouer les gros bras.
McLaren, Malukas et Newgarden : les voisins qui squattent le podium

Derrière les deux Penske, Pato O’Ward est venu se glisser en embuscade avec la subtilité d’un chat sur une moquette neuve. 288,07 km/h pour le Mexicain de McLaren, qui commence à ressembler à un pilote qui performe… mais pas trop, histoire de ne pas affoler son patron Zak Brown déjà occupé à gérer ses 47 programmes en Formule Machin.
La vraie surprise vient de David Malukas, enfin réapparu dans un top 5 après avoir passé six mois à bricoler son poignet et son moral. Recyclé chez A.J. Foyt Enterprises, il bénéficie surtout d’un partenariat technique avec… Penske. Comme par hasard. Il s’élancera quatrième, devant Josef Newgarden, qu’on ne présente plus à Madison : cinq victoires sur cette piste, soit une de plus que le nombre de sourires qu’il a affichés cette saison.
Palou, le patron discret… et les Honda à la traîne

Alex Palou, leader incontesté du championnat avec cinq victoires en sept courses, partira neuvième. Oui, neuvième. L’Espagnol de Ganassi semble avoir levé le pied, soit par charité chrétienne, soit pour prouver que même en partant de derrière, il peut s’offrir une leçon de stratégie aux autres.
Côté motorisations, c’est un carnage pour Honda, battu à plates coutures par Chevrolet. Les cinq premières places sont trustées par les moteurs américains, laissant Armstrong (sixième) comme le seul représentant japonais à tenir la ligne. Les autres ? Dispersés façon puzzle entre la 10e et la 20e place, probablement à la recherche de chevaux disparus depuis mai.
| Pos | Pilote | Team | Chrono (2 tours) |
| 1 | Will Power | Team Penske | 49.9088 |
| 2 | Scott McLaughlin | Team Penske | 50.0603 |
| 3 | Pato O’Ward | Arrow McLaren | 50.2261 |
| 4 | David Malukas | A.J. Foyt Enterprises | 50.2572 |
| 5 | Josef Newgarden | Team Penske | 50.3046 |
| 6 | Marcus Armstrong | Meyer Shank Racing | 50.3486 |
| 7 | Felix Rosenqvist | Meyer Shank Racing | 50.3650 |
| 8 | Colton Herta | Andretti Global | 50.4171 |
| 9 | Alex Palou | Chip Ganassi Racing | 50.4538 |
| 10 | Kyle Kirkwood | Andretti Global | 50.4968 |
Résumé caustique : Penske fait illusion, les autres se débattent
Alors oui, Team Penske a verrouillé la première ligne. Oui, Will Power semble de retour. Oui, la météo a offert un petit coup de pouce aux derniers qualifiés grâce à une baisse de température. Mais ne nous emballons pas trop vite : ce n’est qu’une séance de qualifications, sur un ovale court, avec des voitures conçues pour l’endurance mentale plus que pour le panache.
La vraie question reste posée : est-ce que tout cela suffira pour ramener une vraie victoire en course à la maison, ou est-ce encore un mirage marketing pour faire oublier un début de saison plus fade qu’un hot-dog bouilli ? Réponse dimanche soir. En attendant, Penske peut toujours faire imprimer une énième affiche : “700 pôles, 0 victoire (pour l’instant)”.
Et puis, comme dirait Power : « Ce serait génial ». Pas aussi génial que de gagner, mais en IndyCar, on prend ce qu’on peut.
| Intitulé | Local | Réunion | Europe | Vietnam |
| Dimanche 15 Juin | ||||
| Course (260laps) | 20h00 | 05h00(J+1) | 03h00(J+1) | 08h00(J+1) |