samedi, octobre 17, 2026
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World Superbike à Jerez Course 2: Les espoirs de Bulega, la romance espagnole de Toprak, et…

C’était la dernière danse de la saison World Superbike 2024, et à Jerez, le spectacle avait des airs de série dramatique avec un soupçon de comédie, le tout sous une chaleur espagnole qui aurait fait fondre même les plus vaillants pistards. Nous avions Bulega, en quête d’un triplé, et Toprak Razgatlioglu, qui, après avoir raflé le titre la veille, semblait prêt à emballer la saison avec panache. Bref, tout était réuni pour une grande finale… sauf peut-être la présence imprévue d’un drapeau rouge qui allait rebattre les cartes.

Dès le départ, Bulega fait parler la poudre. Le holeshot est pour lui, comme s’il avait piqué une moto à Valentino Rossi pour filer en tête. Toprak, fidèle à lui-même, le colle au train, jouant les ombres menaçantes. Le Turc, deux fois champion, n’avait pas l’intention de faire tapisserie aujourd’hui. Il lui fallait cette victoire, pour finir en apothéose. Mais à quoi bon dominer la saison si c’est pour finir derrière un rookie affamé ? Voilà sa logique, et il n’allait pas la remettre en cause à deux tours de la fin d’un championnat déjà gagné. Vous voyez le tableau.

Mais attendez. Le tour 2 arrive et bam ! Toprak se décide enfin à passer à l’attaque, comme un chat surgissant sur une souris un peu trop confiante. Il dépasse Bulega avec une agressivité digne de ses meilleurs jours, et l’Italien n’a d’autre choix que de concéder quelques poussières de secondes. Mais Bulega, lui, n’est pas exactement du genre à s’effondrer. Oh non, monsieur. Il a l’élégance de laisser Toprak mener la danse, juste histoire de mieux revenir plus tard. Sauf que pendant ce temps, derrière, une autre guerre se déroule.

Le duel entre Locatelli, Lowes et un certain Andrea Iannone se transforme en véritable fiesta pour la troisième place. Iannone, qui, rappelons-le, est revenu d’une suspension digne des scénarios hollywoodiens (un film sur Netflix en préparation ?), s’illustre comme s’il roulait en mode “tout ou rien”. Chaque virage est une roulette russe, chaque attaque une promesse de drame. Mais malgré ses tentatives audacieuses, il reste coincé derrière van der Mark, qui défend sa troisième place comme un coq gaulois sous amphétamines. Iannone commettra tout de même la boulette sur un freinage hasardeux et glissait P6. Néanmoins le pilote indépendant remettra la dose de gaz nécessaire pour terminer finalement P4 à 1s3 de VDM et premier indépendant. Joli !

À l’avant, le temps file, tout comme les pneus de Toprak, qui, fidèle à sa réputation, attaque chaque virage avec une glisse majestueuse, comme s’il se moquait de la géométrie des trajectoires. Mais la gomme, elle, n’est pas du genre à rigoler. Bulega, sage comme une image, observe tout ça de très près, calculant froidement quand il pourra tirer le meilleur de ses propres pneus bien préservés.

À mi-course, tout semble pourtant se jouer en faveur du Turc. Avec une avance de huit dixièmes, Toprak est à la limite, frôlant même l’absurde en tournant en 1’39.9. Et comme souvent avec lui, chaque freinage ressemble à une cascade à la James Bond : ça passe ou ça casse. Mais Toprak, c’est l’homme qui fait passer.

Bulega, de son côté, attend. Tranquille. Il a le rythme, la machine, et la stratégie pour répliquer à tout moment. Mais on sent bien que ça va se jouer sur l’usure des pneus. Dans les stands, les ingénieurs Ducati se grattent la tête, calculatrice en main, pendant que Toprak continue de glisser, sans relâche. La tension monte. Jusqu’à ce que…

BOUM ! Un drapeau rouge. Et pas un drapeau rouge causé par une quelconque frasque de Razgatlioglu ou de Bulega, non. C’est la BMW de Philipp Oettl qui décide de vider son moteur sur la piste, laissant une belle traînée d’huile à la manière d’un amateur de barbecue qui renverse sa sauce secrète. Résultat : drapeau rouge, fin de la course, rideau. C’est la stupeur générale. Toprak gagne, mais sans le goût du triomphe ultime pour ce pilote peu expansif. Bulega, lui, n’a même pas eu l’occasion de tenter sa fameuse attaque tant attendue, mais bon… vous savez ce qu’on dit, mieux vaut un drapeau rouge qu’un moteur en feu.

Et pour pimenter cette histoire déjà riche en péripéties, Bulega connaît une petite mésaventure en rentrant au stand : sa Ducati rend l’âme en route vers le podium. Eh oui, le karma ? Peut-être. Ou peut-être que le drapeau rouge est venu sauver l’Italien d’une panne humiliante sur la piste. Quoi qu’il en soit, il termine la saison avec une place de vice-champion. Pas mal pour un rookie, non ?

Mais attendez, ce n’est pas tout. Pendant que Bulega se prépare à savourer son champagne, des rumeurs folles continuent à circuler dans le paddock. BMW en MotoGP ? Toprak qui irait rejoindre la série reine ? Les spéculations vont bon train. Bonnes vacances, qu’ils disent. Mais en réalité, c’est la saison des silly seasons qui commence.

Quant à Alvaro Bautista, le champion sortant, que dire… C’était une de ces journées où l’on se dit qu’il aurait mieux fait de rester au lit. Après une escapade près des graviers en début de course, le pauvre Bautista finit sa saison sur une chute définitive au T6 du 10eme tour. Pas de miracle pour l’Espagnol, qui se retrouve bon dernier. Il aurait probablement préféré terminer sur une note plus noble, mais la course a parfois un sens de l’humour cruel. “Fin de règne”, qu’ils disaient. Eh bien, c’est plutôt une fin de règne avec un léger accroc dans le costard.

Et comme une bonne histoire de Superbike ne serait pas complète sans une touche de nostalgie, la bonne nouvelle du jour, c’est que Jonathan Rea a confirmé qu’il serait bien là l’an prochain. Oui, les fans peuvent dormir tranquilles : l’icône du WorldSBK, le multiple champion, ne raccroche pas encore. Rea sera là, prêt à jouer le mentor… ou à faire encore une fois mordre la poussière aux plus jeunes.

En somme, cette course 2 à Jerez avait tout : du drame, des rebondissements, des pneus en feu, un drapeau rouge et des pannes de moto dignes d’un film comique. Toprak et Bulega se sont livrés un duel digne d’une finale de saison, mais le destin a décidé de mettre fin à la fête plus tôt que prévu. Une belle manière de conclure cette saison 2024, avec une victoire de Toprak Razgatlioglu, un Bulega prêt à en découdre l’an prochain, et des rêves de MotoGP dans l’air.

Et maintenant ? Bonnes vacances, messieurs. Vous l’avez bien mérité.

Le voile retombe donc sur la saison avec le classement final du championnat WorldSBK.

cedric garcia
cedric garciahttps://www.motorsmag.fr
Grand sorcier du monde automobile, plume aiguisée, journaliste aguerri et reconnu, présentateur hors-pair.

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