Ce samedi à Lugo, quelque part entre les chênes humides de Galice et les illusions humides de certains favoris, la manche qualificative du MXGP d’Espagne a offert un spectacle que personne n’avait vu venir – à commencer par ceux qui prétendent « suivre le championnat depuis toujours ». Si vous aviez parié sur une victoire de Jago Geerts en MXGP, félicitations, vous êtes soit sa maman, soit médium professionnel.
Geerts, l’ovni belge qui gagne enfin
Le Belge, autrefois terreur de la catégorie MX2, s’était fait discret depuis sa montée en MXGP – un euphémisme pour dire qu’il passait plus de temps par terre qu’en interview. Mais ce samedi, tout a changé. Parti douzième grille (pour pimenter les choses), Geerts a dégainé un holeshot aussi propre que rare, puis résisté aux assauts de Febvre, Coenen et du destin, avant de bénéficier d’un petit cadeau tombé du ciel (ou plutôt de la Kawasaki n°3) pour aller chercher une victoire qui ressemble à un miracle logistique.
Il a d’abord perdu la tête au profit de Febvre dans un enchaînement où l’adhérence s’était faite porter pâle, avant que ce même Febvre ne se prenne les pieds dans son ego (ou une ornière, c’est selon) et rende la politesse en s’étalant devant tout le monde, façon toboggan en descente. Geerts, pas fâché, a repris la tête pour ne plus la lâcher, tandis que derrière, Renaux récoltait un podium à la régulière.
Febvre, en rouge et (presque) noir

Le nouveau leader du championnat a tout fait pour rappeler qu’il mérite la plaque rouge : meilleur temps en essais libres, meilleur chrono en qualifs, attaques incessantes en course… jusqu’à ce qu’il teste la souplesse du sol galicien. Résultat : deuxième place et 45 points d’avance au championnat, ce qui devrait suffire à calmer ses insomnies. Mais l’éternelle question demeure : combien de fois encore Romain va-t-il s’auto-détruire alors qu’il avait tout sous contrôle ?
Renaux, Vlaanderen et les Yamaha Boys sortent du bois

Pendant que Ducati explorait l’art de tomber en chaîne (on y revient), les pilotes Yamaha profitaient des erreurs des autres. Maxime Renaux continue de revenir de ses multiples fractures comme si de rien n’était, et Vlaanderen enchaîne les tops 5 comme un Suisse ses horloges. Trois Yamaha dans le top 5 en MXGP, et Benistant qui gagne en MX2 : on espère que Monster a prévu assez de stickers pour dimanche.
| Pos | Pilote | Moto | Chronos |
| 1 | Geerts, Jago | Yamaha | 23’54,358 |
| 2 | Febvre, Romain | Kawasaki | +10.010 |
| 3 | Renaux, Maxime | Yamaha | +13.864 |
| 4 | Coenen, Lucas | KTM | +15.586 |
| 5 | Vlaanderen, Calvin | Yamaha | +17.753 |
| 6 | Seewer, Jeremy | Ducati | +18.690 |
| 7 | Jonass, Pauls | Kawasaki | +20.040 |
| 8 | Herlings, Jeffrey | KTM | +21.013 |
| 9 | Coldenhoff, Glenn | Fantic | +21.632 |
| 10 | Pancar, Jan | KTM | +26.946 |
Mention spéciale pour Jeffrey Herlings, septième avec la grâce d’un tractopelle embourbé, et Jeremy Seewer, qui continue de découvrir toutes les trajectoires possibles… sauf les bonnes.
MX2 : Benistant retrouve le mode « bulldozer stylé », De Wolf continue le mode « gestionnaire suédois »

En MX2, on avait pourtant parié sur Sacha Coenen : meilleur temps aux essais, gros style, premier choix de grille… et puis bim, choc avec Benistant dans le troisième virage, positions perdues, ego froissé, et une sixième place à l’arraché. On a connu des entames de week-end plus satisfaisantes.
Pendant ce temps, Thibault Benistant jouait enfin au Benistant des beaux jours : incisif, propre, rapide et surtout intelligent. Il a viré Laengenfelder de la trajectoire à la première occasion, puis résisté à la pression constante d’un Kay de Wolf façon robot néerlandais programmé pour « P2 minimum ». Troisième victoire qualificative de l’année pour le Français, qui retrouve enfin le sourire (et les micros d’Eurosport).
Laengenfelder, discret mais efficace (à défaut d’être enthousiasmant), complète le podium devant Liam Everts, qui aura mis neuf tours à comprendre qu’il pouvait doubler Zanchi. Adamo, lui, a visiblement passé la course à chercher la sortie de la forêt : treizième, frustré, largué.
| Pos | Pilote | Moto | Chronos |
| 1 | Benistant, Thibault | Yamaha | 24’53,027 |
| 2 | de Wolf, Kay | Husqvarna | +05.521 |
| 3 | Längenfelder, Simon | KTM | +11.178 |
| 4 | Everts, Liam | Husqvarna | +12.206 |
| 5 | Zanchi, Ferruccio | Honda | +24.211 |
| 6 | Coenen, Sacha | KTM | +34.247 |
| 7 | Valk, Cas | KTM | +36.756 |
| 8 | Mc Lellan, Camden | Triumph | +39.248 |
| 9 | Elzinga, Rick | Yamaha | +47.254 |
| 10 | Lata, Valerio | Honda | +48.496 |
Farres, l’Espagnol qu’on attendait, a tenu le haut du pavé cinq minutes, avant de s’effacer comme une tortilla trop cuite. Douzième sur sa Triumph, ce n’est pas la Reconquista, mais au moins il est resté sur ses roues.
Ducati découvre le motocross : trois pilotes, deux chutes, zéro illusion
L’écurie italienne, forte de son nom clinquant et de sa livrée rouge pétard, avait deux pilotes en piste ce samedi. Résultat ? Un crash digne d’un carambolage sur autoroute. Bonacorsi s’envole par-dessus la roue arrière de Seewer, Guadagnini le percute à son tour et envoie l’autre Ducati faire une sieste dans la boue. Bilan : plus de carbone que de points et un week-end qui commence avec la grâce d’un opéra italien en pleine extinction.
Conclusion : quand il pleut sur Lugo, il pleut des surprises
Entre les leaders qui tombent, les revenants qui gagnent, les jeunes qui foncent et les rouges qui rampent, cette journée de qualifications a redonné du sel à un championnat qu’on croyait figé sous le règne bicéphale de Febvre et de Wolf. Jago Geerts nous a rappelé qu’il savait rouler – à condition qu’on lui file un départ potable – et Benistant a prouvé que l’instinct pouvait encore battre l’algorithme batave.
Dimanche, la pluie pourrait encore tout bouleverser, mais une chose est sûre : les arbres de Lugo ont vu passer de sacrées histoires. Et si Ducati pouvait éviter d’en replanter un nouveau dans le premier virage, ce serait sympa pour tout le monde.
| Intitulé | Durée | Local | Réunion | Vietnam |
| Dimanche 11 Mai | ||||
| MX2 WU | 15′ | 10h25 | 12h25 | 15h25 |
| MXGP WU | 15′ | 10h45 | 12h45 | 15h45 |
| MX2 Race1 | 30’+2tours | 13h15 | 15h15 | 18h15 |
| MXGP Race1 | 30’+2tours | 14h15 | 16h15 | 19h15 |
| MX2 Race2 | 30’+2tours | 16h10 | 18h10 | 21h10 |
| MXGP Race2 | 30’+2tours | 17h10 | 19h10 | 22h10 |